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Le procès du tir flash-ball St-Philippe se déroule ce mardi

Jean-Donovan P, le tireur supposé du tir de flash-ball qui a grièvement blessé un jeune homme le 18 mars 2022 à Saint-Philippe, est jugé ce mardi par le tribunal correctionnel de Saint-Pierre. Il est poursuivi pour violences avec usage d'une arme, une qualification que conteste la défense.
Ecrit par Gaëtan Dumuids – le mardi 28 novembre 2023 à 07H28

Il y a des affaires qui suscitent un émoi important sur l'île et certaines qui ont une résonance avec des faits d'actualité nationale. Hasard du calendrier, ce procès fait à présent écho au drame de Crépol, où des jeunes se déplacent armés dans des soirées et sont prêts à faire usage de leur arme. C'est dans ce contexte que doit se tenir le procès de P, l'auteur du tir de flash-ball au visage de Loïc l'année dernière. 

Le 18 mars 2022, La Réunion se réveille avec effroi en apprenant qu'un jeune homme de 23 ans a été victime d'un tir de gomm-cogne au visage. La victime a été transportée dans un état critique au CHU, tandis que son agresseur s'est enfui.

Rapidement, la vidéo de la scène circule sur les réseaux sociaux. L'auteur supposé des faits est identifié par les internautes et son identité est dévoilée par un grand nombre de personnes. C'est pratiquement une chasse à l'homme qui s'organise dans le département et le risque de trouble à l'ordre public est élevé.

Les enquêteurs de la gendarmerie vont rapidement localiser le suspect et le GIGN va l'interpeller deux jours plus tard dans un appartement du Chaudron où il s'était réfugié. Placé en garde à vue puis déféré au tribunal de Saint-Pierre, Jean-Donovan va demander lui-même à être placé en détention provisoire, car il se "sent en danger".

La partie civile choquée par les qualifications

La qualification retenue pour la mise en examen est "violence avec arme suivie d'incapacité de plus de 8 jours". Une qualification qui révolte le père de la victime. "Nous, on souhaite qu’on requalifie l’affaire en tentative de meurtre. Mon fils a été entre la vie et la mort, on lui a tiré dessus. Des vidéos le prouvent", avait-il déclaré.

Une position également tenue par Me Amel Khlifi-Etheve qui souhaite que la Justice soit ferme. Elle rappelle que son client a vu sa vie détruite, lui qui faisait du mannequinat avant le drame. Son visage porte des séquelles irréversibles de ce tir qui avait failli le tuer et lui coûter un œil.

Loïc ne cache pas son désarroi et sa souffrance depuis les faits. Quelques mois après les faits, il confiait que c'était grâce au sport qu'il parvenait à ne pas s'effondrer. L'ambiance au palais de justice pourrait être électrique comme lors du déferrement du prévenu avec les deux camps qui feront le déplacement.

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