Le procès de l'affaire Morgane débute ce lundi

La tension sera palpable dans la salle des pas-perdus du palais de Justice de Saint-Pierre où un dispositif spécial est mis en place pour les trois prochains jours. Car c'est bien un procès hors du commun qui débute ce lundi 5 février. Initialement prévu le 17 janvier, le principal mis en cause pour tentative de meurtre avec préméditation n'a pas pu revenir de l'Hexagone en raison du cyclone Belal. La désormais tristement célèbre "Affaire Morgane" va donc connaître son épilogue après presque deux ans d'enquête et de procédure.
Le samedi 16 avril 2022, lors du week-end de Pâques, la jeune Morgane, 14 ans, disparait alors qu'elle avait dit à ses parents qu'elle allait chez un ami demeurant à quelques encablures de son domicile. Vue pour la dernière fois à Terre Sainte, l'adolescente n'avait plus donné signe de vie après que sa famille a reçu un SMS où elle affirmait vouloir mettre fin à ses jours. La famille et les proches s'étaient alors mis à sa recherche.
Le lundi suivant, un jeune habitant Bras-Panon confie à sa mère savoir où se trouve la jeune saint-pierroise, ajoutant que Morgane avait été agressée avec un couteau. Prenant son fils au mot, la mère de famille bénédictine alerte alors les forces de l'ordre de Saint-Pierre. Morgane sera effectivement retrouvée agonisante, cachée par ses agresseurs sous la canalisation d'un terrain vague. Par miracle, elle a survécu à l'enfer.
Des suspects aussi jeunes que la victime
Trois suspects mineurs sont identifiés, interpellés, placés en garde à vue et mis en examen pour tentative d'assassinat. Rapidement, le terrible scénario se dessine et tout été soigneusement prémédité. L'un d'eux apparaît comme l'organisateur et l'auteur des coups. Le rôle du deuxième, qui pourrait avoir contribué à la mise en place du piège, sera au cœur des débats, tandis que le troisième va tenter de prouver qu'il ne connaissait pas le terrible dessein qui se tramait. C'est ce dernier qui avait fini par avouer les faits à sa mère.
Ces deux mineurs sont finalement poursuivis pour non-assistance à personne en danger, tandis que le premier est poursuivi pour tentative de meurtre avec préméditation.
Les trois suspects ont été placés en détention provisoire, mais le fait qu'ils soient mineurs ne permettait pas de les garder en cellule plus d'un an. Ils ont donc été relâchés et placés sous contrôle judiciaire. Le principal suspect a été placé en foyer dans l'Hexagone. Son avion en charge de le ramener pour l'audience prévue le 17 janvier dernier n'avait pas pu décoller, obligeant le renvoi du procès.
Pendant ces deux années, les enquêteurs de la Police judiciaire ont fouillé tous les recoins de la vie des suspects. De nombreux camarades de classe, des professeurs et d'autres témoins ont été interrogés sur les suspects et leur personnalité. Cinq personnes ont été assignées à comparaître en tant que témoins ce lundi.


