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Le prix de l’eau fait chauffer les débats à la Cirest

Ecrit par Philippe Madubost – le vendredi 25 avril 2025 à 14H41
L’harmonisation des tarifs de l’eau et de l’assainissement a été votée jeudi soir à la majorité.

Sur fond de débats parfois tendus et malgré le vote contre de la majorité de Saint-André, l’harmonisation des prix de l’eau et de l’assainissement a été adoptée jeudi par les élus de la Cirest. Les prix vont progressivement augmenter, ou baisser, selon les communes, pour arriver à un tarif unique dans 12 ans.

Dans la salle du conseil, ce jeudi soir, les sièges étaient clairsemés et deux élus avaient le sourire. Patrice Selly d’abord. C’est par le retour sur deux « bonnes nouvelles » que ce dernier a ouvert les débats en annonçant un renforcement du dispositif ZFANG (Zones Franches d'Activité Nouvelle Génération) pour l’Est à la suite de la visite du chef de l’Etat. Une avancée dont la portée reste encore à préciser. 

« Nous pouvons nous réjouir de cette annonce, c’est désormais le préfet qui va prendre le relais, c’est le fruit d’un travail mené depuis 2023 », se félicite le président de la Cirest.

Seconde « bonne nouvelle » : « Le plan de continuation de la SPL estival avec la sortie du redressement judiciaire que nous avons accompagné pas à pas, en tout cas une partie des élus de cette assemblée, pas tous. C’est une bonne nouvelle pour les usagers des transports en commun, la Cirest a su apporter les garanties financières nécessaires pour préserver 101 emplois et l’activité ». 

Et de lancer : « L’Est est en mouvement et la Cirest est prête à en être le moteur ».

Considérant que Bras-Panon est pris au « piège » par l’application de la loi NOTRe, Jeannick Atchapa demande des compensations à l’augmentation annoncée de la facture sur sa commune.

« Pas une bonne nouvelle pour ceux qui perdent leur emploi »

Une euphorie que l’opposant bénédictin Patrick Dalleau, candidat aux dernières municipales, tente de refroidir : « C’est une bonne nouvelle pour ceux qui gardent leur emploi mais pas pour ceux qui se retrouvent sans travail alors qu’ils n’ont commis aucune faute, c’est vers eux que l’action publique doit apporter des solutions ». 

L’adjoint à l’éducation de Saint-André, Laurent Papaya, prend le relais de Joé Bédier, absent pour cause de chikungunya selon les élus de la ville : « Il y a une perte de 20 emplois, des personnes qui n’ont rien demandé alors que nous avions alerté à plusieurs reprises, plus jamais ça ! »

Patrice Selly voit rouge à destination de son opposant bénédictin : « Il faut excuser Patrick Dalleau qui est absent depuis 4 ans, pour la SPL Estival, un plan de retour à l’emploi de 1,8 million d’euros a été financé sur deux ans pour accompagner les salariés ». 

Place ensuite au plat principal du jour : le vote du dossier sur l’harmonisation des tarifs de l’eau et de l’assainissement et la validation en parallèle d’un PPI (Plan Pluriannuel d’Investissement)) de 112 millions sur 12 ans pour créer de nouveaux équipements et développer de nouvelles ressources dans l’Est. Une somme colossale dont 60% doit être apporté par des subventions et le reste par le budget de l’EPCI. 

« 112 millions principalement pour Saint-André »

Conséquence : une évolution de la grille tarifaire qui fera converger tous les prix vers un tarif cible de 390 euros hors taxes et redevances par an pour 120 m³ (eau et assainissement). 

Pour y parvenir, certaines communes verront leurs prix augmenter (Saint-André, Bras-Panon, Sainte-Rose), d’autres baisser, Salazie en tête. Une hausse progressive, chiffrée à environ 8 euros par an sur 12 ans. 

« L’objectif, c’est d’avoir les recettes suffisantes pour financer les investissements à venir », embraye Patrice Selly qui ne met pas longtemps pour envoyer une nouvelle pique à destination des élus de Saint-André : « Ces 112 millions d’euros sont principalement pour la commune de Saint-André et l’extension de la station d’épuration qui va coûter à elle seule plus de 10 millions d’euros. Mais sans cela il n’y aura plus d’aménagement possible à Saint-André notamment au Colosse. Et sans ces nouvelles recettes nous ne pourrons pas améliorer le rendement des réseaux et le manque de ressources dont vous payez encore le prix ce soir ». Une référence à la coupure d’eau opérée jeudi soir par la CISE à Saint-André.

Patrick Dalleau a évoqué le sort des salariés de la SPL estival qui ont perdu leur emploi, « ce n’est pas une bonne nouvelle ».

« Vous n’apportez aucune solution »

En réponse, l’adjoint saint-andréen évoque une « épée de Damoclès, je ne conteste pas le principe mais nous sommes encore dans la promesse d’une extension, les administrés ne comprennent pas pourquoi ça va augmenter. Le contexte n’est pas favorable, je vois des familles en difficulté, des enfants qui n’ont comme seul repas celui de la cantine ». Il annonce que la majorité de Saint-André votera contre.

« Vous n’apportez aucune solution au problème, vous faites un constat mais vous n’êtes pas un administré comme les autres, vous êtes un élu communautaire qui a la responsabilité de trouver des moyens d’investir pour assurer une eau de qualité », fustige Patrice Selly. 

Il rappelle au passage qu’une enveloppe de 2 millions d’euros est prévue pour accompagner les familles les plus précaires pour payer les factures et qu’un prix agricole de l’eau va être instauré dans le cadre du nouveau marché signé avec la CISE.

Dernière pique : « Saint-André n’a pas augmenté son prix de l’eau depuis 12 ans », clame le maire de Saint-Benoît.

Sainte-Rose et Bras-Panon s’abstiennent

Comme prévu, Jeannick Atchapa s’est abstenu : « Bras-Panon a une station d’épuration, de bons réseaux mais la loi NOTRe nous oblige à intégrer ce dispositif ». En contrepartie, il demande des compensations notamment pour faire de sa commune une ville pilote en matière de récupération des eaux pluviales via des aides pour l’installation de bacs dans les foyers. 

Abstention également du côté de Sainte-Rose, la commune où les prix vont le plus augmenter. 

La conséquence d’une situation « héritée » pour le premier adjoint, Dominique Panamballom. Il pointe des rendements parmi les plus faibles de l’île ou une station d’épuration surdimensionnée « dont nous attendons toujours les plans, aujourd’hui on ne peut pas dire qui est raccordé ! Nous avons besoin de tuyaux neufs, d’un gros travail de régularisation. Nous payons le prix de l’harmonisation. En responsabilité, en confiance mais en vigilance Sainte-Rose s’abstiendra ». Pour rappel, quand un Sainte-Rosien paye aujourd’hui 60 euros pour l’assainissement collectif, la facture est de 200 euros pour un Bénédictin.

Autre élu à afficher un grand sourire hier soir, la maire de Salazie, Sidoleine Papaya, a, elle, remercié les autres élus pour le vote qui verra la facture des Salaziens baisser jusqu’à 100 euros à termes tout en apportant des réponses pour améliorer le rendement des réseaux et permettre l’essor de nouvelles ressources.

L’opposition saint-andréenne s’est également abstenue.

Etiquettes : Cirest | Eau

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