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Le préfet presse la chambre d’agriculture de vendre son siège

Ecrit par P.M. – le vendredi 25 juillet 2025 à 11H33

Réunie en assemblée générale, la chambre d’agriculture a présenté hier son plan pluriannuel de restructuration. Le préfet a validé ce dernier, mais sans débloquer d’aides exceptionnelles demandées par l’institution. Il appelle la chambre à rechercher de "nouvelles ressources".

Aide-toi, le ciel t’aidera, c’est en substance ce qu’on peut retenir de l’intervention du préfet, hier, lors de l’assemblée générale de la chambre d’agriculture, au cours de laquelle l’institution a présenté son plan pluriannuel de restructuration.
Il vise à rétablir une situation financière stable tout en préservant ses capacités à maintenir ses missions auprès des agriculteurs, et s’étale jusqu’en 2028, dans le cadre du financement actuel des dispositifs européens.

Le plan repose sur trois volets : la rationalisation de la masse salariale, une réflexion sur le bâti, et une adaptation de l’organisation des missions. Pour la chambre, la baisse des effectifs est enclenchée depuis 2022 avec l’objectif de passer d’un maximum de 176 ETP (équivalent temps plein), atteint en 2023, à 149 ETP en 2028. Les services installation et productions végétales, érigés en priorité, sont préservés au détriment d’autres missions.

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Une situation encore fragile

À l’occasion du vote de son budget rectificatif, la chambre a présenté une situation financière en amélioration, avec l’objectif d’atteindre un résultat dans le vert de 81 000 euros en fin d’année, mais qui reste encore fragile. Le fonds de roulement reste négatif, à -415 567 euros. Selon le calendrier prévu par le plan, il doit repasser dans le vert en 2027. Le résultat d’exploitation devrait, lui, dépasser la barre des 600 000 euros de résultat positif à l’issue de la restructuration.

En attendant, la masse salariale continue de peser lourd sur les comptes. Elle atteint 9,3 millions d’euros pour un budget d’un peu plus de 11 millions d’euros. Si les effectifs vont continuer de baisser, avec 36 départs à la retraite attendus d’ici 2028, le coût de ces derniers reste important de par le montant des indemnités versées, chiffré à plus de 300 000 euros par la chambre, pour une baisse du coût de la masse salariale estimée à près de 500 000 euros sur la même période.

Un appel à un soutien

Le président, Olivier Fontaine, estime que la chambre est sur la bonne voie mais aussi qu’elle n’y arrivera pas seule. Il met de nouveau en avant un héritage lourd. "En 2019 (date de l’élection de la liste FDSEA/JA), le déficit était déjà de plus de 930 000 euros et la dette de 5 millions d’euros."

Une dette qui pèse très lourd sur la trésorerie de la chambre pour rembourser l’échéancier mis en place avec la CGSS et la Caisse de retraites sur un temps court de 5 ans. Contre un peu plus de 240 000 euros par an aujourd’hui, le coût dépassera le million d’euros d’ici 2028. La raison d’un appel à un soutien exceptionnel de l’État et des collectivités, chiffré à un million d’euros sur trois ans.

La chambre met aussi en avant un “déséquilibre structurel, avec notamment une ressource fiscale de 10 %, alors que les autres chambres de l’Hexagone sont entre 40 et 60 %”. Le non-accès de l’institution à “l’exonération LODEOM” sur les charges sociales représente également un coût d’un million d’euros par an “par rapport à notre masse salariale que n’ont pas nos concurrents (sur les formations NDLR)”.

Dans une motion, le premier vice-président, Guillaume Sellier, a demandé un “cadre financier stable et différencié” pour la chambre d’agriculture, et un “plan d’accompagnement à long terme", via une “subvention exceptionnelle” et un plan d’accompagnement des départs à la retraite.

“Plus tôt vous vendrez, mieux ce sera”

En réponse, le préfet, Patrice Latron, a dit "valider" le plan en jugeant que ce dernier va "dans le bon sens" et "je serai à vos côtés pour sa mise en œuvre". Il a rappelé que la chambre d’agriculture de La Réunion est "la plus grande des outre-mer et de métropole avec plus de 160 ETP" et sa "trop grande fragilité structurelle", avec une trop grande dépendance aux financements publics.

Le représentant de l’État appelle l’institution à rechercher de "nouvelles ressources" en augmentant l’apport financier issu de ses prestations, mais également en accélérant sa réflexion immobilière. Le préfet demande à l’institution de lui présenter, dès la prochaine session prévue en octobre, un schéma immobilier. "Plus tôt vous vendrez le siège, mieux ce sera", a lancé Patrice Latron, alors que la chambre a lancé une étude sur l’avenir de son siège, estimé à plus de 4 millions d’euros, mais aussi en très mauvais état. La question de l'hébergement temporaire des salariés est notamment en question.

Si le préfet n’a pas annoncé d’aides exceptionnelles ou supplémentaires, il ne ferme pas, en revanche, la porte à un réexamen de l’échéancier d’apurement de la dette, à condition qu'elle “démontre à ses partenaires financiers que vous avez une chambre structurellement excédentaire”.

Le temps de la restructuration sera long pour la chambre verte dont le plan a été adopté à l'unanimité ce jeudi.

Etiquettes : Chambre d'Agriculture

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