Le Port: "J’ai pas réfléchi, j’ai pris le sabre"

Dans la journée du 19 mai au Port, Benjy P. un jeune homme de 18 ans sans histoires, avec un casier judiciaire portant mention d'une condamnation, se munit d’un sabre et décide de se rendre au domicile d’une famille avec laquelle il a eu quelques différends. Malgré une forte présence policière, rien ne l’arrête, il parvient à porter un violent coup de sabre à un jeune de 16 ans. Il comparaissait le 22 mai devant la justice pour des faits de violence avec usage d’une arme suivis d’une incapacité totale de travail (ITT) supérieure à 8 jours.
Tout commence dimanche matin, dans un accident impliquant une voiture et trois motards. Alors que la situation se complique avec les motards qui sont en tort, la mère de famille qui conduisait le véhicule finit par faire intervenir la police. Au final, il apparaît que cette scène de violence ait pour origine l’appel des forces de l’ordre de la part de la conductrice, ce que les usagers en tort n’auraient pas apprécié. Les familles impliquées dans l’incident, qui sont en fait voisines, se sont ensuite menacées sur Facebook tout l’après midi. L’oncle de Benjy, proche des motards, souhaite alors s’expliquer avec l’autre famille.
La BAC est alertée des menaces proférées
Il décide de se rendre au domicile de la famille dans l’après midi pour discuter et arranger les choses. Alors que la discussion est plutôt animée, elle se conclut par un coup de poing au visage sur l’oncle. Celui ci repart alors et menace de revenir. La BAC est alertée des menaces proférées à l’encontre de la famille et met en place un dispositif de surveillance. Benjy, qui voit son oncle revenir en sang, s’arme instinctivement d’un sabre et se rend au domicile de la famille pour en découdre. Lorsque le prévenu relate les faits, il explique à la cour : "J’ai pas réfléchi, j’ai pris le sabre."
Arrivée aux abords du domicile de la famille, la BAC demande au prévenu de lâcher son arme et de s’arrêter. Il n’écoute pas les injonctions et continue sa route vers un petit groupe qui semble déjà en découdre. Il se retrouve ainsi dans le dos de l’un des fils de la famille, Ludovic F, et lui porte un violent coup de sabre au niveau de la cuisse. Le jeune homme s’en tire avec 12 jours d’ITT et une blessure de 10cm de longueur pour 2cm de profondeur.
À la barre, Benjy s’explique et rapporte au président : "Je ne savais pas où je frappais." Il reconnaît finalement la gravité de son acte et se confond en excuses auprès de la victime.
Alors que la peine requise par le procureur est de 3 ans d’emprisonnement avec 18 mois de sursis, l’avocate de la défense met en avant la jeunesse du prévenu : "C’est un acte irraisonné, et irraisonnable, il a été stupide, il a fait une connerie. Ce n’est pas un jeune à problème. Il doit être puni mais il faut apporter la bonne sanction, la bonne décision" explique t-elle avant d’ajouter : "Il travaille, son employeur le décrit comme un jeune poli, respectueux, avec la volonté de travailler."
Selon elle, une peine trop lourde condamnerait l’avenir du prévenu. La cour, visiblement convaincue par la pertinente plaidoirie de la défense de Benjy, prononce une peine de 3 ans de prison dont 30 mois de sursis simple. Les 6 mois restants ont été assortis du maintien en détention.


