“Le maire de Saint-Jo c’est un vrai dictateur” : Patrick Lebreton obtient la condamnation d’un internaute pour diffamation

Un internaute a été reconnu coupable de diffamation publique envers un dépositaire de l’autorité publique après des propos visant le maire de Saint-Joseph. Il a été condamné à une amende avec sursis, ainsi qu’à des dommages et intérêts.
Les propos remontent au 9 mars 2025. Sous un live Facebook de Thierry Robert, un internaute publie un commentaire visant le maire de Saint-Joseph : "Le maire de Saint-Jo c’est un vrai dictateur […] li fait un tas zaffaire en dessous Patrick Lebreton ".
Quelques mois plus tard, Patrick Lebreton dépose plainte pour diffamation. L’élu bénéficie, avec l’aval du conseil municipal, de la protection fonctionnelle.
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À l’audience ce mardi, le bâtonnier Thierry Gangate et Me Alain Rapady, conseils de Patrick Lebreton, ont donc plaidé de concert pour caractériser le délit de diffamation. Parmi "les corollaires à la démocratie", le bâtonnier a notamment cité le droit et la vérité, dans une époque où "les fake news" pullulent et où " les femmes et les hommes politiques sont pris dans des accusations mensongères". Évoquant l’ère des réseaux sociaux, il a également dénoncé une "institutionnalisation du mensonge", estimant que "le dernier rempart, c’est la justice".
De son côté, Me Alain Rapady a insisté sur des "propos tenus en dehors de la scène politique" et sur l’absence du prévenu à l’audience, soulignant qu’il est "plus facile de se cacher derrière un pseudonyme et le compte de sa copine". Les deux avocats ont sollicité 2.000 euros de dommages et intérêts.
Un contexte politique
Entendu en octobre 2025, Farid M. a reconnu les faits. Lors de son audition, il a évoqué un litige opposant son oncle, aujourd’hui décédé, à Patrick Lebreton. " Je voulais dénoncer les mauvaises actions à Saint-Joseph", a-t-il expliqué aux enquêteurs, se décrivant comme "un lanceur d’alerte".
Son avocat, Me Jérôme Maillot, a replacé les propos dans un contexte politique. Si, dans un premier temps, son client était absent à l’audience, c’est qu’il travaillait puis "il n’y a pas non plus de volonté de dissimulation puisqu’il a reconnu ses propos", a-t-il souligné.
L’avocat a plaidé l’absence d’injure, estimant que les propos s’inscrivent dans le débat. " Au regard du pouvoir du maire et de son mandat illimité", mais aussi des résultats électoraux — "plus de 78 % en 2026 au premier tour" — "ce que certains appellent un vote de dictateurs et il n’y a pas d’injures", a-t-il avancé.
"Artillerie" lourde
Pour la défense, c'est d'ailleurs"le débat posé dans la commune qui est violent", rappelant notamment des propos tenus par l’édile à différentes occasions. Me Maillot est ainsi allé jusqu'à rechercher un billet de blog de Mediapart signé d'Alexis Chaussalet, sur la fermeture au public des jardins de Manapany. Le futur maire du Tampon et co-président de la CASUD écrivait en octobre 2020 : "L’opération a atteint son paroxysme de l’absurde lorsque le maire et ses adjoints, interpellés sur le devenir de ce lieu par des opposant·e·s, se sont fendus d’insultes et de provocations ". Un rappel des prises de position de chacun, porté par l’avocat de la défense, qui a opté pour une stratégie visant à replacer le débat sur le terrain politique à la veille d'un nouveau conseil communautaire. Dans sa plaidoirie, Me Jérôme Maillot a également évoqué la plainte déposée par André Thien Ah Koon pour injures publiques à l'encontre de Patrick Lebreton, aujourd'hui renvoyée après cassation.
Selon lui, Farid M. a été poursuivi "dans un contexte politique de pré-campagne" et aurait été "victime d’une procédure ayant pour but de faire taire les contestataires de la politique de Patrick Lebreton". Il a conclu en rappelant que "la liberté d’expression doit être protégée", se disant "toujours étonné du déploiement d’artillerie lourde à l’encontre de personnes qui ont du mal à se défendre".
À l’issue de cette procédure, Farid M. a été reconnu coupable de diffamation publique envers un dépositaire de l’autorité publique. Il a été condamné à une amende de 1.000 euros avec sursis, à 500 euros de dommages et intérêts, ainsi qu’à 3.000 euros de frais d’avocat.
Me Jérôme Maillot a annoncé son intention de faire appel de cette décision.


