Le directeur du SDIS fait ses adieux, les syndicats boycottent la cérémonie

Après presque cinq années à la tête du SDIS 974, le colonel Frédéric Léguillier a fait ses adieux à La Réunion au cours d’une cérémonie où les partenaires sociaux ont brillé par leur absence.
Ça n’avait pas été le cas pour ses prédécesseurs, les colonels Berthouin ou Loubry, plutôt partis sur la pointe des pieds. Mais après presque cinq années passées à la tête du service départemental d’incendie et de secours de La Réunion, le colonel Frédéric Léguillier a tenu à marquer le coup alors qu’il s’apprête à rejoindre le SDIS du Morbihan.
Lors d’une « cérémonie de fin de commandement », personnels du SDIS, autorités de tutelle et institutions partenaires étaient réunis mardi 14 octobre dans la cour du centre de secours principal de Saint-Denis. L’occasion pour le colonel, arrivé de l'Eure pendant les incendies du Maïdo fin 2020, de revenir sur cinq années riches en événements et dresser le bilan de son séjour à la tête des pompiers réunionnais.
« J’ai aimé cette île intense »
« J’ai d’abord une pensée pour les pompiers blessés et l’adjudant Lessort, mort en service. Ces cinq années m’ont marqué, et je salue l’engagement, le professionnalisme et l’esprit de corps dont ont fait preuve les personnels du SDIS » a d’abord adressé le colonel, avant de revenir sur les événements qui ont marqué son séjour : incendie meurtrier de La Marina, naufrage du Tresta Star, crise de l’eau à Mayotte, cyclones Garance et Chido. « J’ai aimé cette île intense, touchante », a-t-il encore déclaré, visiblement ému.
« Vision stratégique » et « scepticisme »
Il avait entretemps reçu les éloges de la présidente déléguée du SDIS, Sophie Arzal, saluant « le leadership et la vision stratégique » du colonel et les « avancées » réalisées sous sa direction. Y compris le récent déploiement d’un nouveau logiciel de gestion des appels SGA-SGO, critiqué en interne pour sa mise en service jugée précipitée et ayant fait l’objet d’alertes de la part des syndicats.
« Tout changement majeur suscite du scepticisme et du débat, mais c’est aujourd’hui une réalité concrète alors que le SDIS de La Réunion était le dernier à ne pas être connecté », a défendu la présidente, comme le directeur de cabinet du préfet à sa suite.
« Simulacre de dialogue social »
Preuve néanmoins des tensions qui demeurent entre la direction et les partenaires sociaux du SDIS, l’absence des organisations syndicales à cette cérémonie à laquelle elles étaient conviées. « On ne va pas venir se gargariser alors que ça a été un simulacre de dialogue social durant quatre ans », justifie un représentant. « C’est du bling-bling, alors qu’on a supprimé des formations faute de budget », souligne un autre.
« Des avancées » mais des maux demeurent
Si même ses détracteurs reconnaissent « des avancées » sous l’ère Léguillier, notamment dans la réorganisation des ressources humaines et la répartition des effectifs, la plupart déplorent des maux toujours présents dans l’établissement, au niveau du parc de véhicules comme du patrimoine bâti par exemple.
Des dossiers qui se retrouveront sur le bureau du nouveau directeur appelé à prendre ses fonctions le mois prochain, l’inspecteur général Bertrand Vidot. Les organisations syndicales s’étant prononcées en faveur du retour au pays de cet officier réunionnais au parcours « exemplaire », reste à savoir s’il bénéficiera bien de l’état de grâce escompté. Comme le colonel Léguillier l’a conclu : « la mission continue ».
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