Le budget 2011 connu aujourd'hui, l'outre-mer est à l'écoute


Les grandes lignes du projet de loi de finances pour l'exercice 2011, bien qu'annoncées de façon parcellaire par les ministres du budget et de l'économie ces dernières semaines, devraient venir révéler les propos du Premier ministre en juillet dernier. François Fillon n'avait plus hésité à parler de "rigueur" pour qualifier la teneur du budget alors en préparation.
L'Etat donne l'exemple
Le gel des transferts financiers de l'Etat vers les collectivités, la poursuite du non remplacement d'un départ à la retraite sur deux des fonctionnaires et le gel de leur salaire pourraient être confirmés aujourd'hui.
Si les dépenses des collectivités territoriales connaissent une progression ces dernières années du fait des transferts de compétences, l'Etat continue à s'appliquer un régime strict. Un gel en valeur des dépenses de l'Etat (à l'exception des postes "charges de la dette" et "pensions de retraites") serait à l'ordre du jour.
La baisse de 5% des dépenses de fonctionnement et d'intervention, parmi lesquelles se trouvent les aides économiques et sociales est, quant à elle, quasiment certaine d'y figurer. Les seuls ministères qui ne seront pas concernés par des économies de fonctionnement sont ceux de la Justice et de la Recherche. Cette dernière faisant l'objet d'une attention particulière puisque soutenue par le Plan de relance de l'économie.
Le gouvernement fait ainsi le pari de l'avenir sur le secteur de la recherche française qui s'apparente plus à un investissement qu'à une dépense de transfert pure et simple.
Le monde économique réunionnais retient son souffle
Le second volet de ce budget 2011 reste le plus attendu. Il concerne les pistes validées par Bercy dans le ratissage au plus large des "recettes budgétaires". Ce volet est très attendu dans les DOM où le monde du BTP, et plus généralement des acteurs économiques, reste dans l'attente des arbitrages sur les niches fiscales, véritables leviers de l'économie en outre-mer.
Le rognage des niches fiscales offrirait au budget la bagatelle de 10 milliards d'euros au lieu des 6 milliards prévus (avant que les perspectives de croissance ne soient revues à la baisse au printemps). Bien que permettant de dynamiser et soutenir des secteurs moribonds suite à la crise financière, les niches fiscales font perdre au budget environ 115 milliards d'euros chaque année.
Redouté, ce rabotage reste un levier important pour Bercy dans sa tentative de maîtrise des dépenses publiques. La dette publique française s'élève à 1.600 milliards d'euros, soit 25.000 euros par habitant.


