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L’association Tamij Sangam maintient son hommage aux engagés malgré l'avis du Département

L’association Tamij Sangam déplore que l’hommage aux engagés prévu le même jour que les Journées du Patrimoine n'ait pas été validé par le Département. En forme de pied de nez, elle a décidé de maintenir son événement mais en le réduisant à un simple moment de recueillement.
Ecrit par L.G. - G.D. – le dimanche 22 septembre 2024 à 15H20

Le président de l’association Tamij Sangam était remonté contre le Département à la veille de tenir une cérémonie restreinte d’hommage aux engagés sur le site du Lazaret de la Grande chaloupe.

Journée européenne du Patrimoine ou hommage aux engagés ? L’association avait décidé de ne pas choisir en calant sa manifestation ce dimanche 22 septembre. À l’inverse, le Conseil départemental avait demandé à l’association de reporter son événement à un autre moment.

Face à cette réponse, l’association Tamij Sangam a décidé de maintenir son événement initialement prévu de 9 heures à 11 heures, en le réduisant à un simple recueillement à 9h30.

"On avait demandé une participation des collectivités pour la logistique, c’est-à-dire la mise à disposition de tables, de chaises, de chapiteaux, d’une sonorisation et finalement, c'est la mairie de La Possession qui a donné son accord pour nous les fournir. Le Département nous a tourné en bourrique pendant plusieurs mois en nous faisant participer à des réunions, mais nous a donné rien du tout, même pas une prise de courant pour brancher la sono", lâche le Dr Selvam Chanemougame.

Les associatifs mis de côté

Le président de l’association Tamij Sangam explique que le Département ne lui a signifié son refus qu’il y a une dizaine de jours en arguant que l’événement dédié aux engagés allait se télescoper avec celui des JEP. Un argument qui a le don de l’agacer encore plus.

"On leur a dit, mais quand même, on apporte un plus car le patrimoine ce n’est pas uniquement les pierres, les murs. On apporte aussi l’héritage immatériel de La Réunion, mais ce message n’est pas passé. Ils m’ont dit qu’ils ne validaient pas et m’ont même demandé de décaler. Mais c’est comme une fête religieuse chrétienne, on ne peut pas reporter, car ce n’est pas une journée folklorique", explique Selvam Chanemougame.

"On n’a pas fait exprès de se positionner sur la même Journée du Patrimoine. Quand on a appris que ce week-end correspondait également aux Journées européennes du Patrimoine, dans notre esprit, on s’était dit que c’était encore mieux car ça mettait en valeur notre patrimoine local", ajoute-t-il. En colère, Selvam Chanemougame considère que la mise en valeur du patrimoine réunionnais échappe de plus en plus à ses acteurs de terrain.

"J’ai l’impression que l’on est en train d’institutionnaliser avec les administratifs dans ce domaine et que la dynamique citoyenne est complètement mise de côté", partage-t-il sa déception. "Même une prise de courant on n’a pas eu ! Je trouve que c’est du mépris, de la discrimination pour ne pas dire plus", tout en s’excusant auprès de la mairie de La Possession puisque toute la logistique obtenue n’a finalement pas servi du fait de la réduction de la cérémonie à sa portion congrue.

"La cérémonie a eu lieu, mais on est resté à l’intérieur du cimetière. Cette symbolique nous rappelle les heures sombres de notre histoire", fait-il le parallèle avec ce qu’ont vécu ses ancêtres sur ce même site de la Grande chaloupe en débarquant à l’île de La Réunion.

Un hommage aux ancêtres et aux traditions malgré tout

Le président de Tamij Sangam, a exprimé sa profonde gratitude envers Alexis Ponin Coulin, fondateur du Collectif des prêtres de La Réunion, en soulignant son dévouement exceptionnel. "Les prêtres ne sont pas seulement des officiants, ils sont les gardiens de notre tradition hindoue. Grâce à leur engagement à vie, notre culture a survécu malgré les pressions de l'assimilation et des conversions." En signe de reconnaissance, un châle a été placé sur les épaules d'Alexis Ponin Coulin.

Lors de son discours, Dr. Selvam Chanemougame a rappelé l'importance de commémorer les engagés, qui ont traversé mers et océans au péril de leur vie pour offrir un meilleur avenir à leurs descendants. Il a insisté sur l'importance de préserver l'héritage indo-réunionnais, présent dans tous les aspects de la vie locale, de la langue créole à l'architecture en passant par la cuisine.

Selon lui, les Journées européennes du patrimoine ne doivent pas se limiter aux ouvertures des musées, mais aussi protéger le patrimoine immatériel de l'île. Il a également appelé les collectivités à prendre conscience de l'importance de soutenir les initiatives citoyennes pour préserver les traditions et le vivre-ensemble, tout en regrettant le manque de soutien des décideurs du Département de La Réunion. Pour le Dr. Chanemougame il y a nécessité de concilier le rôle particulier de La Réunion à l'intersection de l'Asie, de l'Afrique et de l'Europe.

Alexis Ponin Coulin, fondateur du Collectif des Poussaris de la Réunion, et le Dr Selvam Chanemougame, président de Tamij Sangam.

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