La victime de violences conjugales se rétracte… et manque d'enguirlander la Proc!

Na in pé d’moune i conné pas quand zot vent’ lé plein. Hermann, 53 balais, et sa chère et tendre, un peu moins, n’en finissent plus de se quitter et de se rabibocher. « Là nous lé séparés mais nous voir temps en temps ». Menteurs : ils se sont remis à la colle.
Causer… avec une balle de 22 LR
En début d’audience, la petite et pimpante Cafrine se dirige, le pas martial, vers la chaire de la substitut Fabienne Coupry et lui lance tout de go : « Hein ! moin la v’nu artire ma plainte ».
Il a fallu à l’interpellée une infinie patience pour expliquer à l’excitée qu’on ne retire pas une plainte en début d’audience et que si la justice estimait les faits trop graves, eh bien l’affaire suivrait quand même son cours. Pas sûr que l’autre ait vraiment compris.
Le Schtroumpf et sa Schtroumpfette, noirs tous les deux, s’étaient quittés depuis quelques semaines, va savoir pourquoi, quand il décida d’aller lui chatouiller le moral sur son lieu de travail à elle. Lieu prémonitoire puisqu’il s’agit du centre funéraire incinérateur de la Ligne-Paradis, la si mal nommée.
« Mi voulais jus’ cause ensemb’ elle mais elle té au téléphone èk son amant. Moin la pète in cab’ ». Quel cab’ ?
Une cartouche « trouvée par terre » Le voyant en pétard, elle prend la poudre d’escampette. Lui, fâché, déverse son ire à qui veut l’entendre et remet au chef de service une balle de calibre 22 Long Rifle. « Hein ! donne à elle ça et dis à elle moin na encor 24 la case ».
« Vous vouliez discuter… avec une cartouche ? » s’enquiert doucement la présidente Valérie Dinot. Une banale cartouche qu’il a trouvée par terre, cela paraît évident, non ?
Il ressort des débats que le tendre éconduit se balade avec un katana dans sa voiture (« Pou aller la pêche ça, comm in tas domoune i fé ! ») et a bien une carabine chez lui (« Jus’ in fizi collectioon »). Katana et collection ont été détruits par les enquêteurs, on n’est jamais trop sûr. Leurs enfants ? Ils font le va-et-vient ; « comme la maman », commente sobrement la présidente. (Non ! je n’ai pas fait de commentaire).
Toutes griffes dehors
A-t-elle subi des pressions, cette maman, pour retirer sa plainte ? se questionne la substitut Coupry. « Non ! » fulmine l’intéressée dressée sur ses ergots. « C’est trop facile, poursuit l’accusatrice publique. Car le comportement de ce monsieur est inquiétant. Il y avait déjà eu menaces de mort de sa part auparavant ».
L’individu n’ayant pas de casier judiciaire, la substitut n’a réclamé que 2 mois avec sursis.
« Comment ? » a alors hurlé la « victime » (!), bondissant de son banc griffes en avant, prête à éborgner madame Coupry. Il fallut encore lui expliquer par le menu ce que cela voulait dire, ce mot de « sursis ».
Verdict : 1 mois avec sursis. Suite au prochain épisode.


