La Région se prépare à la tempête financière

"Le ciel s'assombrit quelque peu à cause des menaces de ceux qui tiennent les bulletins météorologiques financiers, c'est-à-dire le gouvernement. Cela arrivera dans trois, quatre, cinq ans, mais c'est important", lance le premier vice-président de la Région Réunion, en charge des affaires générales, des finances et de l'économie, qui donne le ton sérieux de la présentation des orientations budgétaires de la collectivité pour 2024.
"C'est pourquoi on a un fait un programme prévisionnel d'investissement et une programmation prévisionnelle de fonctionnement", précise Patrick Lebreton qui explique que la majorité régionale se prépare à affronter un avenir incertain. "C'est essentiel parce que s'il y a des recettes qui manquent d'ici là, il faut qu'on puisse ajuster les choses sur les années à venir", déclare-t-il.
Patrick Lebreton, 1er vice-président de la Région Réunion, explique que l'année 2024 verra les finances "évoluer dans un contexte difficile". "Malgré les difficultés, nous nous attelons à la tâche comme cela a été évoqué dans les documents présentés en décembre lors du vote du budget 2023. Hors PACTE et FSE en fonctionnement, les recettes régionales progressent peu, de l'ordre 0,2%, et les dépenses augmenteront de 2,2%", indique-t-il.
Le M. Finances de la collectivité régionale a souhaité apporter des éléments de contexte. Ce dernier est tout d'abord revenu sur les recettes fiscales spécifiques de la Région comme le carburant ou l'octroi de mer, devenues "moins dynamiques", reconnaît-il. Ce dernier s'est montré particulièrement inquiet sur la réforme à venir de l'octroi de mer.
Le cyclone de la réforme de l'octroi de mer : nou lé paré ?
"Nous n'avons aucune visibilité", regrette Patrick Lebreton. Ce dernier veut veiller à la protection et à l'autonomie financière des collectivités concernées (Région et communes en particulier). Le vice-président délégué aux finances a par ailleurs ajouté qu'aucune étude ne prouverait que l'octroi de mer soit la cause première du coût de la vie à La Réunion.
Selon lui, les critiques envers l'octroi de mer sont injustifiées et naissent parfois de la méconnaissance de l'économie réunionnaise. "La Région se bat pour le maintien de l'octroi de mer non pas pour préserver ses propres intérêts mais pour le budget des communes et pour la sauvegarde de l'économie locale et la protection de l'emploi local", insiste-t-il.
La NRL, la plus forte dépense
Patrick Lebreton revient aussi sur une autre menace qui pèse sur les finances régionales, le très décrié chantier de la NRL, coupable de tous les maux à en croire la majorité régionale. "Les réclamations outrancières du groupement d'entreprises représentent des risques majeurs pour nos finances", martèle-t-il.
Il ajoute par ailleurs que la dette liée au chantier est devenue une des plus importantes dépenses du budget régional. "La dette dépasse le budget consacré au budget alloué à la formation professionnelle", insiste-t-il. "Cela pèsera encore pour des années. Mais nous sommes motivés pour mettre en œuvre notre projet avec une attention portée sur deux indicateurs clés : une épargne brute située entre 20 et 25% des recettes réelles de fonctionnement et une capacité de désendettement inférieure à 9 années", affirme le premier vice-président.
Ces orientations budgétaires traduisent pour Patrick Lebreton la volonté de la majorité régionale de poursuivre son projet de développement de La Réunion. "Nous maintenons le cap avec nos 3 axes. Nous devons maintenir une trajectoire vertueuse tout en étant conscients des difficultés environnantes. Nou tiembo nou larg pa", conclut-il.


