Bras-Panon : la majorité municipale appelle Lise-May Turpin à démissionner

Au lendemain de l'ordonnance du tribunal judiciaire de Saint-Denis lui ordonnant de détruire le mur et le portail édifiés sur l'aire de retournement du lotissement Canabady, les élus de la majorité municipale de Jeannick Atchapa estiment que cette nouvelle décision judiciaire est incompatible avec l'exercice d'un mandat public et demandent à la conseillère municipale de démissionner de son mandat.
La réaction était attendue et elle est particulièrement offensive. Dans un communiqué diffusé ce lundi, les élus de la majorité municipale de Bras-Panon réclament rien de moins que la démission de Lise-May Turpin à la suite de l'ordonnance rendue par le tribunal judiciaire de Saint-Denis.
Une prise de position qui intervient au lendemain de la révélation par Zinfos974 de l'ordonnance de référé par laquelle le tribunal judiciaire de Saint-Denis. Pour rappel, ce dernier a ordonné à l'élue d'opposition de démolir le portail et le mur de clôture qu'elle avait fait édifier sur l'aire de retournement du lotissement Canabady.
Likre aussi : Bras-Panon : la justice ordonne à l'élue Lise-May Turpin de détruire son mur
Le juge a estimé que ces aménagements constituaient un « trouble manifestement illicite », relevant notamment l'absence de déclaration préalable de travaux et leur incompatibilité avec les règles d'urbanisme relatives à la desserte et à la sécurité du lotissement. L'ordonnance est assortie d'une astreinte de 200 euros par jour de retard et bénéficie de l'exécution provisoire de plein droit.
"L'exemplarité" au cœur de l'attaque
S'appuyant sur cette nouvelle décision judiciaire, les élus de la majorité estiment que l'affaire dépasse désormais le simple contentieux de voisinage.
« Cette situation révèle une contradiction profonde entre les discours de Madame Lise May Turpin Félicité et son propre parcours judiciaire », écrivent-ils.
La majorité pointe notamment selon elle un décalage entre les engagements affichés par l'élue sur les questions de violences, de harcèlement et d'exemplarité publique et les différentes procédures judiciaires qui la concernent.
« L'exemplarité ne peut être une exigence à géométrie variable. Elle s'impose d'abord à celles et ceux qui exercent un mandat public », clament les élus de la majorité.
Une référence à de précédentes condamnations
Dans leur communiqué, les élus font également allusion aux précédentes condamnations de Lise-May Turpin.
En avril 2024, le tribunal correctionnel de Saint-Denis l'avait condamnée à six mois de prison avec sursis probatoire pour harcèlement moral par voie électronique à l'encontre d'une voisine du même lotissement. Une précédente condamnation pour « déclaration fausse ou incomplète afin d'obtenir une prestation sociale » dans le cadre du RSA avait également été prononcée en 2018.
Le groupe majoritaire estime que cette succession de décisions judiciaires fragilise la crédibilité de l'élue.
Un appel à la démission
« Dans ces conditions, nous estimons que Madame Lise May Turpin Félicité devrait tirer toutes les conséquences de cette succession de condamnations et renoncer à son mandat de conseillère municipale », concluent-ils.
Une demande qui intervient alors que l'intéressée conserve la possibilité de faire appel de l'ordonnance rendue le 2 juillet, même si celle-ci demeure immédiatement exécutoire.


