Guerre Iran–États-Unis : le cessez-le-feu vole en éclats, les frappes reprennent et le pétrole repart à la hausse

Moins de trois semaines après l'accord de cessez-le-feu conclu le 17 juin, les États-Unis et l'Iran ont renoué avec des frappes d'une ampleur inédite. Washington affirme avoir visé plus de 80 cibles militaires, tandis que Téhéran revendique des représailles contre des bases américaines dans le Golfe. La crise ravive les tensions autour du détroit d'Ormuz et fait bondir les prix du pétrole.
L'espoir d'une désescalade au Moyen-Orient s'est brutalement dissipé. Dans la nuit du mardi 7 au mercredi 8 juillet, les États-Unis ont lancé leur plus importante opération militaire contre l'Iran depuis la signature du protocole d'accord du 17 juin. En retour, la République islamique affirme avoir frappé plusieurs installations militaires américaines dans le Golfe, faisant craindre une nouvelle phase d'escalade.
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Plus de 80 cibles frappées par les États-Unis
Selon le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom), les forces américaines ont visé plus de 80 objectifs sur le territoire iranien. Les frappes ont notamment ciblé des systèmes de défense antiaérienne, des centres de commandement, des radars côtiers, des batteries de missiles antinavires ainsi que des dizaines d'embarcations rapides des Gardiens de la Révolution dans la zone du détroit d'Ormuz.
Washington présente cette offensive comme une réponse aux attaques ayant touché trois navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz la veille. En marge du sommet de l'Otan organisé à Ankara, le secrétaire général de l'Alliance, Mark Rutte, a jugé cette riposte "absolument nécessaire", estimant que les États-Unis devaient répondre "avec fermeté".
Les Gardiens de la Révolution ont de leur côté annoncé la mort d'un de leurs membres près de Bandar Mahshahr, dans le sud-ouest de l'Iran, affirmant qu'il avait été tué lors d'une attaque menée par des drones.
Téhéran revendique des représailles
Quelques heures après les bombardements américains, l'Iran a annoncé avoir lancé une vaste opération de représailles. Les Gardiens de la Révolution affirment avoir visé 85 installations situées sur des bases militaires américaines au Koweït et à Bahreïn à l'aide de missiles et de drones.
Parmi les cibles revendiquées figure notamment la base aérienne de Cheikh Isa, à Bahreïn. Les autorités iraniennes présentent cette opération comme une réponse directe à ce qu'elles considèrent comme une violation de l'accord conclu le 17 juin.
Le Koweït a indiqué avoir activé ses systèmes de défense antiaérienne afin d'intercepter plusieurs missiles et drones. Les autorités koweïtiennes ont condamné des attaques qu'elles jugent contraires aux efforts de désescalade dans la région.
Donald Trump acte la fin du cessez-le-feu
Présent au sommet de l'Otan en Turquie, le président américain Donald Trump a considéré que l'accord de cessez-le-feu n'avait plus lieu d'être.
« En ce qui me concerne, c'est terminé. C'est simplement une perte de temps de négocier avec eux, ce sont des menteurs », a déclaré le chef de l'État américain devant la presse, estimant que toute perspective de négociation avec Téhéran était désormais compromise.
Le détroit d'Ormuz de nouveau sous tension
Les affrontements replacent le détroit d'Ormuz au cœur des inquiétudes internationales. Cette voie maritime est l'un des principaux points de passage du commerce mondial des hydrocarbures, avec près de 20 % du pétrole transporté dans le monde qui y transite.
Au cours des dernières vingt-quatre heures, trois navires commerciaux y ont été touchés, selon l'agence britannique de sécurité maritime UKMTO. Le Qatar et l'Arabie saoudite attribuent deux de ces attaques à l'Iran.
Le protocole signé le 17 juin prévoyait pourtant une réouverture progressive et sécurisée de cette route maritime stratégique.
Les marchés pétroliers réagissent
La dégradation de la situation militaire a rapidement eu des conséquences sur les marchés. Les États-Unis ont rétabli leurs sanctions visant le pétrole iranien, tandis que les craintes pesant sur la circulation maritime dans le détroit d'Ormuz ont fait grimper les cours du brut.
Le Brent a progressé d'environ 3,3 %, repassant au-dessus de la barre des 78 dollars le baril, signe des inquiétudes des investisseurs face au risque d'un conflit durable dans une région essentielle à l'approvisionnement énergétique mondial.


