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La preuve qu'Annick Girardin vole 104 millions par an aux Ultramarins !

Ecrit par zinfos974 – le vendredi 26 octobre 2018 à 12H03
La ministre des Outre-Mer, Annick Girardin, est donc arrivée sur notre île dans un climat qui s'annonçait tendu. Sa réforme des aides économiques avait en effet réussi l'exploit de réunir contre elle l'ensemble des milieux socioprofessionnels de tous les territoires ainsi que (fait rarissime) l'intégralité des parlementaires des territoires concernés, tous partis confondus. 
 
Elle savait donc que cette venue à La Réunion serait risquée et qu'il lui faudrait résoudre une quadrature du cercle : comment calmer la grogne avant son arrivée tout en évitant à tout prix de rendre l'argent qu'elle nous prend ?

Et il faut bien avouer que la solution trouvée est assez maligne et qu'il m'a fallu du temps pour comprendre comment elle était en train de nous rouler "cari soud'riz".

Pour bien comprendre, il faut remonter un an en arrière. 

 
Il y a un an, le gouvernement auquel participe notre ministre décide de suspendre les aides au logement en Outre-Mer, dites improprement APL accession par confusion avec un dispositif national.

Ces aides servaient à des ménages modestes, sous condition de ressource, à faire construire ou rénover leur logement pour y vivre leurs vieux jours.

Immédiatement, le BTP réunionnais proteste, affichant des chiffres apocalyptiques : diminution de plusieurs milliers de logements construits ou rénovés, licenciements, ...

Pendant un an, le gouvernement ne fait rien, laissant le secteur quasiment à l'arrêt. Dans le même temps, qui plus est, la fameuse ligne budgétaire unique qui sert en Outre-Mer à financer les constructions de logements diminuait de 20 millions d'euros, accentuant la crise du secteur. 

 
Mais cette année, les choses sérieuses commencent avec la réforme des aides aux entreprises et il s'agit de lâcher du lest. La ministre sait que le BTP l'attend de pied ferme, notamment à La Réunion. Elle fait alors mine de transiger : les AL accession en Outre-Mer seront recréées dans le budget de sa collègue Jacqueline Gourault. Pourquoi ce ministère? Tout simplement parce que la loi de finances, ce sont des milliers et des milliers de pages d'une technicité extrême et qu'elle sait que les parlementaires ultramarins ont une chance infime de découvrir cette annonce dans ce budget avant son déplacement à La Réunion.

Coût de la mesure selon le projet de loi de finances? 17 millions d'euros pour 2019, sachant que le dispositif n'est que transitoire et qu'en 2020, il faudra renégocier un dispositif de remplacement. Dans le même temps, la ministre annonce une revalorisation de 20 millions d'euros de la LBU, la ramenant à son niveau du quinquennat Hollande, grâce à un apport exceptionnel issu de la vente des SIDOM (par exemple la SIDR à la Réunion).

 
En d'autres termes, deux jours avant l'arrivée de la ministre à La Réunion, deux sujets majeurs pour le patronat réunionnais sont miraculeusement réglés d'un coup de baguette magique. Tout ce qui nous avait été enlevé il y a un an nous est rendu et nous devrions en être reconnaissants. Moi, quand l'Etat me prend 40 millions d'euros en 2018, me les rend en 2019 et ne sait pas s'il ne va pas me les reprendre en 2020, je n'ai aucune raison de lui dire merci. 
 
Mais l'arnaque ne fait que commencer. Car, dans le même temps, le gouvernement supprime de NOUVEAUX dispositifs de soutien à la politique du logement en Outre-Mer.

Malgré le combat courageux d'un député martiniquais, il n'a pas hésité à faire voter l'Assemblée deux fois sur le même sujet pour être certain que ces dispositifs seraient bien supprimés. Et, étrangement, ces dispositifs eux ne sont pas réinjectés dans la fameuse "réforme de l'économie à budget constant" de la ministre : il s'agit bien d'un pur gain pour le budget de l'Etat.

Et sur ce sujet, on passe dans un tout autre ordre de grandeur : selon la loi de finances, cela coûtait au moins 140 millions d'euros en 2018 et en 2017 plus 200 millions ! 

 
Faisons donc nos comptes pour le secteur du logement, en comparant non pas à la dernière loi de finances, qui montrait un vrai recul de l'effort de l'Etat en Outre-Mer, mais au dernier budget du quinquennat Hollande pour voir si Annick Girardin fait mieux que ses prédécesseurs : elle diminue de 20 millions d'euros la LBU et supprime les allocations logements accessions pour 17 millions d'euros, soit un total de 37 millions perdus en 2018.

En 2019, elle supprime plus de 140 millions d'euros de mesures spécifiques à la construction de logements en Outre-Mer mais rétablit un peu moins de 37 millions d'euros supprimés l'an dernier.

On en arrive donc au fait que la ministre, pour tenir ses engagements de réformes à budget constant et de soutien au logement ultramarin, "doit" aux Outre-Mer au moins 104 millions d'euros par an, en prenant l'hypothèse la plus conservatrice et en ne tenant pas compte du fait que les mesures qu'elle a rétablies cette année sont temporaires.

 

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