La présidence de la Cirest commence par un clash avec les petites communes

Les appels à une « union solide » au sein du conseil communautaire de la Cirest ont vite volé en éclats. Les maires des "petites villes" ont découvert, au cours de la séance d'installation, qu'ils n'obtenaient qu'un seul siège de vice-présidence - au lieu de deux auparavant - et étaient relégués au fin fond des vice-présidences.
« Une volonté d'humilier ». Les mots sont de Mario Edmond, adjoint de Jeannick Atchapa à Bras-Panon. Avant de claquer la porte du conseil, l'élu ne s'est pas gêné pour exprimer haut et fort ce qu'il venait de découvrir avec stupéfaction durant le conseil d'installation de la Cirest ce jeudi 9 avril, aux côtés de ses collègues maires des "petites communes".
Contrairement à l'usage d'un pré-conseil, ils n'étaient pas informés que les maires de Saint-André et de Saint-Benoît s'étaient entendus pour diviser par deux le nombre de vice-présidences des quatre autres communes : celles de Salazie, de la Plaine des Palmistes, de Bras-Panon et de Sainte-Rose.
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Pire, pour ces quatre communes, leur seule et unique vice-présidence est positionnée de la onzième à la quatorzième place. Comme un symbole du pouvoir qu'ils seront amenés à occuper durant les six prochaines années ? C'est-à-dire au fin fond de la classe ? En clair, la "méthode employée" laissait à désirer.
Il n'en fallait pas plus pour que le maire de Bras-Panon demande une suspension de séance immédiate afin de discuter avec ses collègues des "petites villes". Si son intervention est restée cordiale à l'égard de Joé Bédier, l'uppercut était visiblement difficile à encaisser.
Uppercut en plein conseil
Joé Bédier a expliqué que c'était avant tout la configuration protocolaire de la mandature précédente qui posait question. "Quand une commune a deux élus et deux vice-présidents, cela signifie qu'elle a 100 % de vice-présidents. Moi, je souhaiterais aussi avoir 17 vice-présidents. Cette logique ne peut plus tenir", a-t-il argumenté.
"Il faut aussi tenir compte du prorata de population. C'est ça aussi le rapport de force aujourd'hui. Mais les petites communes ne sont pas du tout exclues. Une vice-présidence quand on a deux élus, ce n'est quand même pas rien. Après, je ne sais pas qui a inventé ces deux vice-présidences pour deux élus… eh bien libre à eux, mais aujourd'hui, acceptez que cette logique ne tient plus", a ajouté Joé Bédier.
A la fin du conseil, le nouveau président s'est défendu de toute volonté "d'humiliation" vis-à-vis des quatre autres maires, assurant qu'il travaillera avec toutes les communes de l'Est. Il dénonce par ailleurs des "manipulations et tractations derrière notre dos, ça on ne le dit pas", de concert avec ses opposants de Saint-André "pour me mettre à terre comme ils l'avaient fait en 2020, mais la volonté de travailler pour faire avancer le territoire prime sur tout".
L'intervention de Sidoleine Papaya, maire de Salazie, était de la même teneur que celle de Jeannick Atchapa, inquiète de voir, à travers cet ordre protocolaire bousculé, la faible importance accordée aux quatre petites villes. Ce qui a obligé Joé Bédier à rappeler tout le respect qu'il portait aux maires des communes de moindre strate démographique.
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Malgré la nouvelle formule choisie pour les vice-présidences, le nouvel homme fort de l'intercommunalité a voulu exprimer toute sa considération pour ses collègues. "J'ai trop de respect pour les gens de manière générale. Jamais je n'oserais dire qu'un maire de vingt habitants est un petit maire. Un petit maire par quoi ? Par le nombre d'habitants ? Les responsabilités restent tout aussi importantes que pour un maire d'une grande ville", a-t-il expliqué.
Une nouvelle formule qu'accepte le maire de la Plaine des Palmistes, interrogé au sortir du conseil. "Les explications ont été données. On ne peut qu'être satisfait, se contente Johnny Payet. Si on revient dans le passé, il n'y avait qu'une seule vice-présidence. Chacun a sa méthode, on s'adapte. C'est ça la politique : on s'adapte à la personne qui mène le bateau. Pour moi, il n'y a pas de problème", a-t-il voulu calmer le jeu.
Alors que l'ensemble des maires de l'Est ont été reconduits à l'issue des municipales, la mandature communautaire qui s'ouvre commence donc par une nouvelle entente entre Saint-Benoît et Saint-André, dont les quatre autres villes semblent déjà payer le prix sur les vice-présidences.
Les maires des "petites" communes attendent désormais des signes. Le maire de Bras-Panon a de son côté, se dit "surpris de la méthode utilisée - en direct pour la désignation des vice-présidences - c'est une petite déception et une petite forme d'humiliation à notre endroit, mais je ne suis pas venu pour me plaindre mais pour travailler en responsabilité".
Il pointe des "fractures" qu'il appelle à "réduire" désormais dans l'attente désormais des choix qui seront faits dans les prochaines semaines, en commençant par les nominations au sein des différentes instances pilotées par la Cirest et des autres institutions et organismes.


