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La plateforme Bello fait les comptes après les élections

Au lendemain du second tour des élections législatives, où La Réunion a envoyé six députés sur sept issus des rangs du Nouveau Front populaire (NFP), Huguette Bello, entourée de la majorité d'entre eux et de ses soutiens, a salué la "lucidité" des électeurs réunionnais "qui ont rejeté le Rassemblement national". "C'est un soulagement pour tous ceux attachés aux valeurs de la République", a-t-elle déclaré, ajoutant que ces résultats valident sa stratégie d'union "défendue dès le premier tour".

Ecrit par S.I. – le mardi 09 juillet 2024 à 10H43

Huguette Bello a commencé par souligner la « clarté » du message des électeurs, tant en France continentale que dans les Outre-mer. « Les électeurs ont clairement dit non à l’accès au pouvoir du RN », a-t-elle affirmé. Pour rappel, le RN, qui espérait une majorité absolue à l’Assemblée nationale, se retrouve en troisième position, loin de ses ambitions initiales. Sur le plan national, les résultats montrent une Assemblée nationale ingouvernable avec trois blocs quasi égaux : le NFP (182 sièges), Ensemble (168 sièges), et le RN (143 sièges). « Emmanuel Macron a obtenu le résultat inverse de ce qu’il recherchait. Une période d’incertitude s’ouvre », analyse Huguette Bello, qui souligne la nécessité de « préserver la cohésion » ainsi que la « solidité du bloc du NFP » pour sortir de cette situation.

À La Réunion, le NFP, en alliance avec les forces de gauche, a largement dominé les élections. Les candidats du NFP ont en effet recueilli 181.189 voix contre 127.468 voix pour ceux du RN, soit près de 59% des suffrages. « La Réunion a voté majoritairement pour la gauche, confirmant les résultats des présidentielles, des législatives de 2022 et des européennes de 2024 », note la cheffe de file du PLR, qui voit dans ces résultats la confirmation de sa stratégie d’union lors du premier tour. « Les Réunionnais ont choisi les candidats de l’union et ont sévèrement sanctionné les candidats de la division, éliminés dès le premier tour », affirme-t-elle.

 

Une droite locale « qui s’est déshonorée »

 

Huguette Bello a notamment dénoncé les partisans de la « différenciation » (les membres de la Plateforme réunionnaise pour ne pas les citer) affirmant que leur stratégie « a échoué », causant même selon ses dires la perte de la troisième circonscription « au profit de l’extrême droite ». « Ceux qui ont inspiré cette stratégie de la différenciation pour viser un soi-disant rééquilibrage ont ainsi subi un effet boomerang. Ils devront en tirer les conséquences et revenir à la réalité et à plus d’humilité », insiste la présidente de Région.

Cette dernière en a profité pour tacler également la droite locale « qui s’est déshonorée en ouvrant la voie à l’extrême droite ». Dans son viseur : les partisans du « ni-ni » mais aussi « la connivence de certains membres de la municipalité du Tampon avec le candidat élu du RN ».

Présent aux côtés de la présidente de Région, Patrick Lebreton abonde dans son sens en dénonçant les « trahisons » de la droite locale, « notamment au Tampon, où André Thien-Ah-Koon a réussi à faire élire un député RN » dans la 3e circonscription. Dans la 4e circonscription, le leader du Progrès 974 considère la victoire d’Emeline K/Bidi, avec 60,59% des voix, comme une récompense « pour son travail constant ».

Patrick Lebreton en a profité pour critiquer David Lorion et Michel Fontaine, « représentants de la droite macroniste » et qui ont pour ce second tour joué « un jeu malsain avec le Rassemblement national ». « De nombreux employés communaux à Saint-Pierre ont reçu la consigne de glisser le bulletin RN pour faire barrage à Emeline K/Bidi », assure le maire de Saint-Joseph. Pire, ce dernier a également évoqué des soupçons d’irrégularités dans un bureau de vote de la capitale sudiste : « Il a fallu appeler cinq fois la Commission de contrôle pour qu’ils (NDLR : les membres du bureau de vote) aient peur et qu’ils mettent le cadenas sur l’urne (…) Et si plainte est portée, c’est une suspicion de fraude électorale et de bourrage d’urnes ».

Enfin, Patrick Lebreton regrette également « des trahisons à gauche », soulignant le manque de soutien pour certains candidats du NFP dès le premier tour. « La Plateforme réunionnaise avait attaqué Emeline K/Bidi et Frédéric Maillot au premier tour. Ce piège s’est refermé sur ceux qui ont eu des positions contre-nature », a-t-il ajouté.

 

Crainte d’un blocage institutionnel

 

De son côté, Perceval Gaillard, réélu dans la 7e circonscription, a aussi partagé son analyse de ce scrutin législatif. Saluant la défaite du RN, il s’inquiète cependant de la composition future de l’Assemblée nationale, qui pourrait mener à un « blocage institutionnel ». « On arrive dans une situation où la politique française est totalement tripartie et où les institutions ne sont plus en adéquation avec la réalité politique du pays », évalue le député de la 7e circonscription. « L’urgence sociale et économique créée par Emmanuel Macron fait qu’on n’a pas pu mettre sur la table les questions institutionnelles. Mais c’est quand même celles qui vont nous intéresser dans les prochaines semaines, les prochains mois, parce que concrètement ça va être très compliqué de sortir un gouvernement », poursuit-il.

Ce dernier rappelle qu’il manque actuellement « 107 sièges au Nouveau Front populaire pour gouverner, 120 à 130 pour les Macronistes et 150 pour le RN », rendant compliquée la formation d’un gouvernement stable. Face à ce contexte, Perceval Gaillard renvoie les autres blocs à leurs responsabilités dans la future dynamique parlementaire. « Nous allons proposer un ou une premier ministre et notre programme de gouvernement. Maintenant, il va falloir que les autres se positionnent », martèle-t-il.

Perceval Gaillard appelle à une évaluation claire des positions des autres députés, notamment du député RN nouvellement élu dans la 3e circonscription, Joseph Rivière. « Est-ce qu’il va voter avec nous la hausse des salaires ? Le gel des loyers ? Le blocage des prix ? Les Réunionnais pourront ainsi voir l’imposture que représente le RN, qui votera probablement comme Emmanuel Macron », a-t-il conclu.

 

 

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