La mère de la mer

La mère de la mer
Toute menue fut ma mère
Mais gros tempérament
Toujours allongée la mer
Mais quelle puissance !
Qui précède l’autre?
Mer océan
Ou
Mère maman ?
Les lumières du monde
Habillent les yeux
De mes deux déesses
Quand descend la Lumière.
Se fracassent les vagues
Dans les récifs protégés
Et
Mes oreilles dégustent
Des sons entendus
Jadis
Dans le placenta.
Ample et longue
Jupe bleue
Trouée de perles blanches
Petits pieds d’Indienne
Sauvés des regards envieux
Plage infinie de Chennaï
Se tirant la couverture
Indianocéanienne.
Doigts de fée
Abîmés de piqûres D’aiguilles
A force de tricoter
Les flanelles
De mon cerveau,
Noyé dans les gouffres
De l’ignorance.
La mer est somptueuse
A cause de notre Mère,
Etendue trois plus vaste
Que la terre continentale.
Qu’on me laisse boire
La finesse inattendue
De ses tresses infinies
Depuis les sommets
Des montagnes
Jusqu’aux
Battants des lames.
Ivresse du cœur
Face aux brisants
Impuissants
A rompre l’équilibre
De ma Mère si fine.
Qui précède l’autre ?
Quelle importance ?
Mère et mer sont mêmes
Et unique création
De la Muse Beauté.
Lorsque
Souvent
Un fort goût de sel
Embaume
Le paradis
Des poissons
Qui ont dédaigné
L’Arche de Noé
La mère ouvre
Ses yeux d’amour
Sur mes faiblesses.
Si quelques larmes
Inutiles
Glissent des rocs
De l’amer océan
Des torrents
D’eau de source
Dévalent des yeux
De la Mère
Pour venir
Etancher
Ma soif de l’autre.
L’eau de mer
Se cueille
Dans le creux de la main
Pour aller
Purifier le jardin
Du Temple
De la Mère.
Les enfants de la mer
Se jouent
Malicieusement
Des crocs acérés
Du Cap Cormoran :
Ils sont les cousins
De mes petits fils,
Ils sont les arrières
Petits-enfants
De maman.
Les minces lueurs
Maintenant
Lointaines
Des yeux de ma mère
Sont des étincelles Marines
Encore capables
D’illuminer
Ma planète entière.
Assauts de la tempête
Cosmique
Déferlement
De trombes
Célestes
N’ont réussi
A ébranler
Une once de la mer
Comme de ma mère.
D’ordinaire
J’ai envie
D’écrire mer
Avec un e
Splendide
Et ma propre mère
Sans l’e
Improbable
Soubaya Luçay PERMALNAICK
Enfant de ma me (è) r (e)
A toutes les mères du monde



