La lente agonie de la forêt malgache se poursuit

En 11 ans, pas moins de 524.700 hectares de forêts auraient disparu à Madagascar. L’information est révélée par l'Express de Madagascar. Le journal a été alerté par l'Association des ingénieurs forestiers qui s’inquiète de l’évolution de la situation.
Aujourd’hui les forêts malgaches ne représenteraient plus que neuf millions d'hectares, dont 300.000 hectares actuellement en cours de reboisement. C’est peu si l’on considère la surface de Madagascar, environ 590.000 km². A peine plus de 15% du pays serait encore recouvert de forêt.
Ces deux dernières années, ce sont les forêts des zones Mananara, Fort-Dauphin, Morondava qui ont été plus particulièrement concernées. Seulement pour le courant du mois de juin, 732 rondins de bois de rose auraient été saisis dans la région de Sava, au Nord-Est de Madagascar. Encore six conteneurs ont été découverts à l’île Maurice où le bois avait été envoyé clandestinement. Il ne s’agit là évidemment que du bois de rose et des trafics qui ont été mis à jour mais la réalité serait bien plus destructrice pour la forêt de la Grande île.
L’année dernière, le ministère malgache de l’environnement et des forêts avait publié un décret pour interdire l’exploitation des bois de rose. Un service chargé de contrôler son application a également vu le jour. Mais malgré la présence des forces de polices et d’ingénieurs forestiers, les trafics clandestins continueraient contre ces bois précieux.
Pour résoudre le problème, il ne faut pas lutter uniquement contre les trafics mais aussi mettre fin au "tavy". Tous les ans, un tiers des terres de Madagascar brûle, menaçant la riche biodiversité des forêts. Ces feux sont le résultat du "tavy", cette technique traditionnelle qui consiste à défricher et à brûler la forêt pour la production agricole, une culture sur brulis en somme.
Si aucune mesure concrète ne vient empêcher le déforestation, les experts estiment que la forêt de Madagascar pourrait avoir complètement disparu d’ici 50 ans.



