La France reconnaîtra l'État de Palestine en septembre

Emmanuel Macron a annoncé que la France reconnaîtra l’État de Palestine lors de l’Assemblée générale des Nations unies en septembre. Une décision saluée par plusieurs États et responsables palestiniens, mais vivement critiquée par le gouvernement israélien, le CRIF et plusieurs figures politiques françaises.
Le président de la République Emmanuel Macron a déclaré jeudi 24 juillet, sur le réseau social X, sa volonté de reconnaître officiellement l’État de Palestine. « Fidèle à son engagement historique pour une paix juste et durable au Proche-Orient, j’ai décidé que la France reconnaîtra l’État de Palestine. J’en ferai l’annonce solennelle à l’Assemblée générale des Nations unies, au mois de septembre prochain », a-t-il écrit.
La France coprésidera également, aux côtés de l’Arabie saoudite, une conférence internationale destinée à relancer la solution à deux États. Initialement prévue en juin, cette initiative avait été repoussée à cause des tensions régionales. Une réunion préparatoire entre ministres des Affaires étrangères aura lieu les 28 et 29 juillet à New York.
Israël et le CRIF dénoncent une décision dangereuse
La décision française a été immédiatement condamnée par les autorités israéliennes. Le Premier ministre Benyamin Netanyahou a estimé qu’elle « récompense la terreur » et intervient « à la suite du massacre du 7-Octobre ». Selon lui, cette reconnaissance pourrait « encourager le terrorisme » et créer « un autre mandataire iranien, à l’image de Gaza ».
Yariv Levin, vice-premier ministre et ministre de la Justice, a qualifié la démarche française de « honteuse » et d’« aide directe au terrorisme », affirmant qu’il était désormais « temps d’appliquer la souveraineté israélienne » en Cisjordanie.
En France, le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) a également réagi avec fermeté, qualifiant cette reconnaissance « sans conditions » de « faute morale, erreur diplomatique et danger politique ». Le CRIF redoute qu’elle soit perçue comme « une victoire symbolique » par le Hamas et juge qu’elle affaiblira toute perspective de compromis lors de futures négociations. Il met aussi en garde contre ses répercussions internes, craignant une montée des tensions et des discours antisémites.
Lire aussi : Gaza : des ONG alertent sur une famine de masse et réclament un accès humanitaire urgent
Mélenchon salue une « victoire morale », Bardella dénonce une manœuvre politique
À gauche, le chef de file de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, a qualifié cette décision de « victoire morale », tout en regrettant son calendrier différé. « Pourquoi en septembre et pas maintenant ? Et l’embargo sur les armes ? Et la rupture de l’accord de coopération ? », a-t-il interrogé sur X. Il a également exigé « l’arrêt immédiat du génocide » et « un engagement clair et immédiat contre le crime ».
À droite, Jordan Bardella, président du Rassemblement national, a dénoncé une décision « précipitée », qu’il juge motivée par « des considérations politiques personnelles ». Selon lui, elle risque d’accorder au Hamas « une légitimité institutionnelle et internationale inespérée ».
Soutiens du côté palestinien et arabe
Le vice-président de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), Hussein al-Cheikh, a salué la position française, qu’il considère comme conforme au droit international et au droit du peuple palestinien à l’autodétermination.
Dans un communiqué publié vendredi, le Hamas a également qualifié la reconnaissance française d’« étape positive dans la bonne direction pour rendre justice à notre peuple palestinien opprimé ». Le mouvement islamiste appelle « tous les pays du monde – surtout les nations européennes – à suivre l’exemple de la France ».
L’Arabie saoudite a, elle aussi, salué une décision « historique » réaffirmant le droit des Palestiniens à établir un État dans les frontières de 1967.
Un geste diplomatique à portée symbolique
À ce jour, 142 États reconnaissent un État palestinien, selon un décompte de l’AFP. La France rejoint ainsi un large front diplomatique, malgré l’opposition des États-Unis et d’Israël. Emmanuel Macron a rappelé que « l’urgence est aujourd’hui que cesse la guerre à Gaza et que la population civile soit secourue ».
Dans une lettre adressée au président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, le chef de l’État affirme que la France veut « bâtir l’État de Palestine, assurer sa viabilité et permettre qu’en acceptant sa démilitarisation et en reconnaissant pleinement Israël, il participe à la sécurité de tous au Proche-Orient ».


