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La Chambre régionale des comptes pointe les difficultés de gestion du GHER à La Réunion

Ecrit par N.P. – le jeudi 15 mai 2025 à 18H19

Dix ans après la mise en place de la direction commune avec le CHU de La Réunion, le Groupe hospitalier Est Réunion (GHER) reste englué dans des difficultés financières et organisationnelles. Dans un rapport publié ce jeudi, la Chambre régionale des comptes pointe un déficit persistant et formule six recommandations pour redresser la situation.

La Chambre régionale des comptes (CRC) de La Réunion a rendu public, ce jeudi 15 mai 2025, son rapport d'observations définitives concernant la direction commune entre le Centre hospitalier universitaire (CHU) de La Réunion et le Groupe hospitalier Est Réunion (GHER). Ce rapport met en lumière des difficultés financières et de gestion rencontrées par le GHER, malgré la mise en place d'une direction commune depuis 2014.

Un déficit persistant malgré la direction commune

Le GHER, rattaché au CHU depuis 2014, compte actuellement 980 employés pour un budget de 120 millions d'euros en 2023. L’établissement, implanté à Saint-Benoît et Saint-André, fait partie du pôle sanitaire de l’est et déploie des activités de soins de réadaptation ainsi que des soins de longue durée.

Lire aussi : GHER : menace de grève en cas d’échec des négociations sur l’embauche de nouveau personnel

Malgré un contrat de retour à l'équilibre financier (CREF) sur la période 2015-2019, le GHER continue d'afficher un déficit significatif en 2023, représentant près de 2 % de ses produits. De plus, depuis 2022, il ne parvient plus à générer de capacité d'autofinancement. Son endettement, actuellement de 50 % des produits de gestion, est censé être réduit à 30 % d'ici 2029, mais la trajectoire financière reste incertaine.

Des difficultés structurelles et organisationnelles

Par ailleurs, l’érosion des parts de marché du GHER se poursuit, notamment dans le domaine de la chirurgie, où l’activité reste insuffisante malgré un plateau technique disponible. L’ambulatoire, bien que dynamique, ne compense pas les faiblesses identifiées. Les urgences, en augmentation depuis 2020, peinent également à répondre aux besoins en raison de locaux trop exigus.

La CRC souligne également l’impact de la faible densité de l'offre médicale de ville dans la microrégion. Les difficultés pour structurer des prises en charge en dehors des murs de l’hôpital ternissent l'image du GHER. La crise sanitaire liée à la Covid-19 a également entravé la mise en place d'un plan d’économies prévu entre 2018 et 2022.

Un bilan mitigé après dix ans de direction commune

Dix ans après la mise en place de la direction commune avec le CHU, la CRC estime que les objectifs de cette gouvernance partagée n'ont pas été pleinement atteints. L'apport du CHU en matière de gestion et de complémentarité médicale n’a pas permis au GHER d’atteindre les performances attendues. La CRC recommande un bilan régulier et un suivi renforcé de ce partenariat, notamment à travers la renégociation du contrat pluriannuel d’objectifs et de moyens (CPOM).

Le rapport souligne toutefois les efforts entrepris pour améliorer l'attractivité médicale, notamment en matière de fidélisation du personnel, sur un territoire jugé peu attractif. Les charges de personnel, représentant 65 % des produits de gestion, demeurent cependant trop élevées par rapport à l’activité générée.

Six recommandations pour redresser la barre

Face aux constats dressés dans son rapport, la Chambre régionale des comptes (CRC) de La Réunion formule six recommandations à la direction commune entre le CHU de La Réunion et le Groupe hospitalier Est Réunion (GHER).

La première recommandation invite à intégrer des objectifs communs aux deux établissements, assortis d’indicateurs de suivi, dans la convention de direction commune. Cela permettrait de réaliser un bilan annuel des actions menées, d'ici la fin de l'année 2025. Le directeur général du CHU et du GHER s’est engagé à inclure ces objectifs communs dans une nouvelle version de la convention, tandis que le directeur général de l’ARS a assuré son suivi.

La deuxième recommandation préconise la mise en place d'un comité de gouvernance stratégique réunissant le directeur général et les présidents de Commission médicale d'établissement (CME) des deux structures, avant fin 2025. L’ordonnateur a exprimé sa volonté d’instaurer cette comitologie stratégique comme précisé dans le protocole de direction commune.

Pour améliorer la gestion financière, la CRC recommande également au GHER de fiabiliser ses méthodes de projection des recettes et des dépenses, afin de réduire les écarts entre prévisions et réalisations.

Concernant les ressources humaines, la quatrième recommandation insiste sur la nécessité de structurer le contrôle interne au sein du service des ressources humaines avant fin 2025.

La cinquième appelle à décliner les contrats de pôle avec des objectifs qualitatifs et quantitatifs mesurables, tout en impliquant les pôles dans leur réalisation grâce à une politique d’intéressement. Cette mesure doit être mise en place avant la fin de l'année 2025.

Enfin, la CRC demande que les astreintes du bloc opératoire ainsi que toutes les astreintes du GHER soient mises en conformité avec le décret n° 2002-9 du 4 janvier 2002, d'ici fin 2026.

Face à des difficultés persistantes, la direction commune entre le CHU et le GHER doit évoluer pour répondre aux attentes des usagers et des professionnels de santé. Pour restaurer la confiance et garantir une offre de soins adaptée, la mise en place des mesures préconisées par la CRC apparaît comme un passage obligé.

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