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La campagne sucrière reste à l’arrêt dans l’Est

Ecrit par P.M. – le mercredi 24 septembre 2025 à 08H05
Les grévistes ont reçu hier le soutien de Jean-François Sababady (MPSR).

Depuis tôt ce matin, le piquet de grève initié par la CGTR a repris devant l’usine de Bois-Rouge. Les réceptions restent suspendues jusqu’à nouvel ordre.

Statu quo à l’usine : selon nos informations, si des ouvriers ont bien pris leur poste dans la nuit de mardi à mercredi, l’absence de plusieurs fonctions clés n’a pas permis à l’usine de relancer les broyages. La partie diffusion, la plus technique, serait la plus impactée.

Depuis mardi et le démarrage du mouvement de grève initié par la CGTR, la campagne est à l’arrêt dans le Nord et l’Est.

Lire aussi : Grève à Bois-Rouge : la campagne sucrière à l’arrêt dans l’Est

Perte de pouvoir d’achat et pénibilité

Pour rappel, les grévistes demandent l’instauration d’un 14e mois, mettant en avant une perte de pouvoir d’achat et des conditions de travail qui se sont « dégradées », notamment en raison de la plus grande difficulté à broyer les cannes cette année, jugées de moins bonne qualité.

La baisse du tonnage a aussi entraîné une réorganisation des livraisons en début de campagne, concentrées sur quatre jours et non plus cinq, ce qui a provoqué la fermeture de l’usine le dimanche. « Soit une perte de pouvoir d’achat de 600 euros par mois », chiffre un syndicaliste. 

Une réorganisation revue récemment, les livraisons doivent désormais reprendre le vendredi.

Les ouvriers expriment aussi un « ras-le-bol ». « On entend toujours parler des planteurs et de l’usinier, alors que nous sommes aussi un maillon essentiel dans la chaîne », disent-ils.

Un climat social tendu

Si des NAO ont bien été validées en juin, la CGTR n’a pas signé le document. Le syndicat dénonce une faible augmentation des salaires, « d’environ 50 euros par an alors que Téréos fait des bénéfices et a encore débloqué un million d’euros en début d’année pour les planteurs ».

Les grévistes ont reçu le soutien de Jean-François Sababady (MPSR). Président de la CMU de Beaufonds, William Orange (UPNA), a également apporté son appui : « C’est leur droit de revendiquer, même si ça nous pénalise. Il faut mettre la main ensemble », a déclaré le planteur bénédictin, dont le syndicat plaide lui de longue date pour la mise en place d’un prix plancher de la canne.

La FDSEA en appelle au préfet

Dans un communiqué, la FDSEA a dénoncé les « grèves et fermetures répétées des usiniers », qui perturbent l’organisation des livraisons, « les canniers ne savent plus comment planifier et livrer leurs récoltes ».

Pour le syndicat, « exiger un quatorzième mois de salaire dans ce contexte est immoral, alors que les canniers risquent de ne pas pouvoir se rémunérer ». La FDSEA appelle le Préfet à intervenir et demande aux usiniers de « prendre leurs responsabilités pour mettre fin à ces blocages et arrêter de prendre les canniers en otage ».

Pas d’intersyndicale pour le moment

Par contre, pour l'heure, pas d'intersyndicale en vue. FO et la CFDT avaient envisagé mardi de rejoindre le mouvement en revendiquant une prime exceptionnelle de 1 500 euros, mais les discussions avec la CGTR n’ont pas permis de trouver un accord. Le syndicat maintient son exigence d’un 14e mois.

Dans la nuit, l’usine a adressé un message aux planteurs indiquant que les cannes ne seraient pas réceptionnées aujourd’hui.

Etiquettes : Canne à sucre | Grève

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