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Karavel : Les locataires déposent plainte, la mairie de Sainte-Marie obtient une nouvelle expertise

La résidence Karavel reste au cœur des préoccupations de la municipalité de Sainte-Marie. Celle-ci a obtenu du tribunal administratif une nouvelle expertise afin de contrôler les travaux réalisés dans l'immeuble. Objectif ? Décider de la levée ou non de l'arrêté de péril pris en mars dernier. En parallèle, les locataires, assistés par la CNL, ont décidé de déposer plainte contre le bailleur et le promoteur : la Semader et Opale.
Ecrit par Julien Delarue – le mercredi 14 août 2024 à 07H00

La mairie de Sainte-Marie vient d'obtenir en référé l'autorisation de désigner un expert pour contrôler à nouveau la résidence Karavel. « Le tribunal administratif a autorisé le mandatement du même expert judiciaire afin de vérifier si la liste des travaux a bien été réalisée », confirme la mairie de Sainte-Marie. L'objectif est de vérifier si le promoteur Opale, ainsi que le bailleur social en charge de la gestion, la Semader, ont bien réalisé et supervisé tous les travaux. C'est une nécessité pour la mairie afin de décider de lever ou non l'arrêté de péril ordinaire pris en mars dernier.

 

Immeuble Karavel à Sainte-Marie : La mairie prend un arrêté de péril ordinaire

 

"Un cauchemar"

 

Suite au passage du cyclone Belal en janvier dernier, la résidence pour seniors Karavel, située à Sainte-Marie, avait été sérieusement fragilisée. Une partie de la toiture s'était envolée et plusieurs appartements avaient été lourdement endommagés. Après cet événement climatique, les locataires avaient émis de nombreux doutes sur la fiabilité de la construction de la résidence, qui a coûté 11 millions d'euros (elle avait été livrée en septembre 2023, NDLR).

Une expertise avait eu lieu en février dernier. Elle avait soulevé de « nombreuses malfaçons » et des problèmes « d'insécurité » au sein de la résidence, qui accueille notamment des personnes âgées.

Suite à cette expertise, la mairie avait décidé de prendre un arrêté de péril ordinaire pour faire cesser le danger dans un délai imparti. À l'époque, le maire Richard Nirlo s'était montré très en colère : « Ils [les locataires, NDLR] ont vécu un cauchemar. Ils sont encore traumatisés. Certains se sont accrochés pour ne pas être emportés ». Si l'expertise a été réalisée, la mairie doit désormais s'assurer du résultat.

 

Une vingtaine de plaintes

 

Entre-temps, la Confédération nationale du logement (CNL), qui était aux côtés de la mairie en mars dernier, a décidé de former un collectif de locataires pour déposer plusieurs plaintes. « L'arrêté de péril de l'immeuble est toujours en vigueur », rappelle Erick Fontaine, administrateur de la CNL. Ce dernier s'est rendu ce week-end à Sainte-Marie pour rencontrer les locataires. « Avec notre avocat, Me Molière, nous avons constitué une vingtaine de dossiers. Ce chiffre est susceptible d'augmenter. Nous allons déposer plainte contre la Semader, mais aussi contre le promoteur Opale. Nous allons exiger qu'une expertise judiciaire soit réalisée pour estimer les dommages et intérêts subis par les locataires ».

Pour Erick Fontaine, les travaux n'ont pas été correctement réalisés. En attendant, les locataires de la résidence Karavel ne paient toujours pas de loyers. Cette décision avait été prise par la Semader dès la publication de l'arrêté de mise en péril. À l'époque, Frédéric Souverain, directeur de la gestion locale du bailleur, reconnaissait que « toute la structure de la toiture » présentait des malfaçons. La Semader avait décidé de se retourner contre le promoteur Opale suite à ces nombreuses découvertes concernant la structure de l'immeuble.

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