Immeuble Karavel à Sainte-Marie : La mairie prend un arrêté de péril ordinaire

Le passage du cyclone Belal est encore bien présent dans l’esprit des habitants de la résidence pour seniors de Sainte-Marie. Le toit de l’immeuble de la Semader s’est envolé en pleine journée, laissant découvrir de nouvelles failles sur la structure de l’édifice.
“Karaval a jeté une lumière crue sur les problèmes graves qui affectent la production de logements sociaux”, a lancé Richard Nirlo ce vendredi matin à l'occasion d'une conférence de presse au sujet de la résidence pour séniors.
Le maire, qui s’est rendu sur les lieux pour constater les dégâts, ne décolère pas : “Ils [les locataires, ndlr] ont vécu un cauchemar. Ils sont encore traumatisés. Certains se sont accrochés pour ne pas être emportés.” Richard Nirlo fait part de son indignation face à la “quantité de malfaçons, les portes de travers, les infiltrations d’eau, les équipements inadaptés qui rendent les logements invivables”. Outre les travaux qui seront mis en œuvre, “promoteurs et sous-traitants doivent rendre des comptes”, ajoute-t-il.
Pour protéger les locataires, dont une partie a été relogée, la mairie a décidé de prendre un arrêté de péril ordinaire et demande au bailleur social, la Semader, “de prendre toutes les mesures nécessaires au bien-être des locataires et de ne pas attaquer l'arrêté de péril”, ce qui retarderait la mise en sécurité des locataires.
La Réunion, “capitale française de l'indécence”
La résidence pour personnes âgées, livrée en octobre dernier, a rejoint la triste liste des logements sociaux récents et indécents répertoriés par la CNL (Confédération Nationale du Logement), qui demande une nouvelle fois une commission d’enquête sur les logements sociaux à La Réunion.
“Il faut que l'on arrête de jouer avec la vie des Réunionnais”, déclare Erick Fontaine, administrateur de la CNL, qui affirme que “La Réunion est la capitale française de l'indécence” et rappelle que la construction de ces logements sociaux relève d’argent public.
“La liste noire s'allonge de jour en jour. On a échappé à un drame”, poursuit-il. Il prévient : “On ne s'arrête pas en si bon chemin”. La CNL prévoit d’engager des actions contre le bailleur et le promoteur, à savoir Opale.
À l'issue du point presse, le maire et l'administrateur de la CNL se sont rendus au pied de l’immeuble de la rue Concorde pour afficher l’arrêté de mise en péril ordinaire.


