Guerre des clans au collège Les Alizés du Chaudron : le tribunal enjoint au Département de réintégrer le chef d’équipe

Muté dans un autre établissement en 2024 après une enquête administrative portant sur des tensions au sein de son service, un agent du collège Les Alizés contestait au tribunal être à l’origine du conflit interne. La principale et 52 enseignants lui ont apporté leur soutien.
Au sein du collège Boris Gamaleya Les Alizés du Chaudron, des « rancœurs tenaces se sont installées parmi des agents qui se côtoient depuis plus de 20 ans ». Selon un rapport d’enquête administrative, « deux clans » se sont créés au sein de l’équipe d’agents d’entretien polyvalents, avec pour conséquence l’installation d’un « climat délétère au sein du collège. »
Difficile d’en savoir plus sur les raisons de cette querelle de clans, ni sur la manière dont elle se manifeste au quotidien : selon le tribunal administratif de La Réunion, le rapport d’enquête a été « caviardé », c’est-à-dire expurgé de certaines parties probablement jugées dérangeantes.
Muté pour l'intérêt du service
À la suite du rapport, le chef par intérim des agents techniques du collège Les Alizés a été muté en août 2024 dans un autre établissement de Saint-Denis au motif de « l’intérêt du service ». Le courrier reçu par l’agent fait état de difficultés relationnelles avec certains de ses collègues.
L’intéressé a contesté sa mutation au tribunal, en pointant des manquements dans la procédure administrative et en avançant qu’il s‘agissait d’une sanction disciplinaire déguisée. Dans une décision en date du 11 juin dernier, les magistrats lui ont donné raison et ont enjoint le Département de le réintégrer au collège Les Alizés, en l’affectant à son ancien poste ou à un poste équivalent.
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« Les témoignages recueillis au cours de l’enquête administrative, qui ne sont d’ailleurs pas concordants selon les agents entendus, ne permettent ni d’établir que l’agent se serait montré défaillant dans l’exercice de ses fonctions d’encadrement, ni de contredire de manière objective les éléments d’appréciation positive formulés notamment par le chef d’établissement », relève le jugement du tribunal administratif.
Un agent très bien considéré et noté
En août 2024, la principale du collège elle-même était intervenue par courrier auprès du DGS du Département pour expliquer que la mutation de l’agent était une « décision injustifiée » et qu’elle faisait naître des « craintes au regard des conséquences qu’elle estimait préjudiciable à l’intérêt même de l’établissement ».
Un autre courrier, adressé au président du Département Cyrille Melchior et signé par 52 enseignants, écarte la responsabilité du chef par intérim dans les « tensions relationnelles persistantes » et témoigne au contraire de son « dévouement et de l’implication sans faille », l’intéressé bénéficiant par ailleurs d’évaluations professionnelles élogieuses. Deux ans après avoir été victime de la guerre des clans qui sévit au collège Les Alizés, l’agent devrait retrouver son poste à la rentrée.


