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Julien Ramin: Une vie sous le signe de l'engagement et de la fidélité

Ecrit par zinfos974 – le dimanche 21 octobre 2018 à 20H39

Ramin  Julien, à l'état-civil Vinglassamy Trimourti, est décédé mercredi à Saint-Pierre, cette commune à laquelle toute sa vie s'identifie. Mais c'est à la Saline, où ses grands-parents engagés ont fait souche, qu'est né, le 1er juillet 1932, Julien Ramin.
 
Quelques mois après la naissance de Julien, Daniel, son père, abandonne son métier de bazardier, qu'il occupait depuis son adolescence à La Saline, pour un emploi à l'usine, à Grand-Bois.
 
L'usine et la localité organisent désormais la vie des Ramin, familiale, professionnelle, sociale et religieuse.
 
La Réunion, qui  est une colonie, va subir les affres de la guerre. C'est dans ce double contexte que le jeune Julien Ramin fait ses apprentissages. De la lutte contre les injustices, aux côtés de son père syndiqué, de la solidarité pour subvenir aux besoins de la famille qui ne cesse de s'agrandir, mais aussi de la religion en fréquentant assidument la chapelle malbar attenant l'usine de Grand-Bois, et dont son père est un des responsables. Quant à sa scolarité, elle démarre à l'école de Grand-Bois pour s'achever au cours complémentaire de Saint-Pierre, le lycée de Saint-Denis étant un rêve inaccessible.
 
C'est en 1954 que Julien Ramin fait, à Grand-Bois, la rencontre de Paul Vergès. Paul Vergès qui, venant de rentrer de France où il s'était installé un moment pour tenter de faire oublier son rôle dans l'assassinat d'Alexis de Villeneuve, s'est lancé dans l'organisation des planteurs et des ouvriers d'usine.
 
L'engagement politique de Julien Ramin, prend alors forme.

En 1959, il participe à la création du Parti communiste réunionnais et désormais il est de tous les combats au service de son parti. Son métier de facteur, qu'il occupe dès 1956, clin d'œil de l'histoire, d'abord à la Saline, puis pour tout le restant de sa vie professionnelle à Saint-Pierre, va le conforter, par la misère qu'il côtoie quotidiennement, dans le bienfondé de son engagement politique au sein du PCR. Julien Ramin devient un des principaux dirigeants du parti et longtemps il est  l'incarnation du Parti dans le Sud, avant de s'effacer devant Elie Hoarau au cours de la décennie 1970.  
 
Ses premiers mandats électoraux, Julien Ramin les décroche après l' arrivée de la Gauche au pouvoir en France. Conseiller général du canton qui englobe son quartier de Grand-Bois, il est  ensuite premier adjoint de Saint-Pierre aux côtés d' Elie Hoarau, pour un mandat, puis conseiller régional.
 
Fidèle à son Parti, il le représentera également dans diverses échéances électorales à Saint-Paul et à Saint-Leu. Mais pour l'essentiel c'est à Saint- Pierre, et à partir de Saint-Pierre, que julien Ramin donne la pleine mesure de ses engagements dans différents domaines.
 
Politique, même si ses relations n'ont jamais été tranquilles avec une partie de l'entourage d'Elie Hoarau.
 
Sportif, où il occupera pendant plusieurs années la présidence de la Saint-Pierroise. Mais aussi dans le domaine culturel pour le développement de la culture tamoule à travers un réseau associatif qu'il anime et consolide. Et également dans le champ religieux où il s'est beaucoup impliqué.
 
Avec le décès de Julien Ramin, le PCR continue à s'anémier, Saint-Pierre perd un de ses meilleurs fils et la culture malbare un  de ses plus actifs promoteurs.  
 
Fidélité et engagement sont certainement les qualificatifs qui caractérisent le mieux Julien Ramin

 

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