Jean-Jacques Morel applaudit la fin d’un “boulet” entre la France et l’Algérie

Le délégué départemental du Rassemblement national à La Réunion, Jean-Jacques Morel, a salué la dénonciation par l’Assemblée nationale des accords franco-algériens de 1968, qualifiés de « scandaleux ». Il s’en prend aux députés réunionnais de gauche qui ont voté contre cette abrogation, estimant que la France se libère d’un « boulet historique ».
Dans un communiqué publié hier soir, Jean-Jacques Morel, délégué départemental du Rassemblement national à La Réunion, a réagi au vote historique de l’Assemblée nationale sur la dénonciation des accords de 1968 entre la France et l’Algérie. « À une voix près, l’Assemblée nationale a dénoncé ces accords scandaleux », écrit-il, estimant que la France est désormais « débarrassée de ce boulet qui facilite la circulation des immigrés algériens ».
Le responsable du RN 974 justifie cette rupture en accusant l’Algérie de « refuser de récupérer ses ressortissants sous OQTF », de « bafouer les droits de l’homme en séquestrant l’écrivain Boualem Sansal » et « d’insulter la France ». Il fustige par ailleurs les députés réunionnais de gauche — Perceval Gaillard, Jean-Hugues Ratenon, Émeline K/Bidy, Frédéric Maillot et Philippe Naillet — pour avoir voté contre le texte.
Un vote symbolique, mais à portée politique forte
La résolution, adoptée à une voix près (185 pour, 184 contre), est la première du Rassemblement national à être approuvée par l’Assemblée nationale. Elle ne modifie pas directement le droit, mais marque une inflexion politique majeure. Les accords du 27 décembre 1968, signés six ans après la fin de la guerre d’Algérie, accordaient aux ressortissants algériens un statut dérogatoire en matière de séjour : certificat de résidence de dix ans délivré de plein droit, renouvellement automatique, regroupement familial facilité et accès immédiat au RSA. En 2024, plus de 600 000 certificats de résidence avaient été délivrés à des ressortissants algériens.
Ce vote, qualifié d’« historique » par Marine Le Pen, divise profondément la classe politique. À droite, Éric Ciotti et Bruno Retailleau ont salué une victoire du « réalisme diplomatique », tandis que le Premier ministre Sébastien Lecornu a évoqué la nécessité de « renégocier un accord devenu obsolète ». À gauche, la colère domine : Mathilde Panot (LFI) a dénoncé « un texte raciste voté grâce à l’absence des macronistes », tandis que Jean-Luc Mélenchon a fustigé « la continuité des guerres du passé ».
Ce vote intervient dans un climat diplomatique déjà tendu entre Paris et Alger, marqué notamment par la détention de deux Français, dont l’écrivain Boualem Sansal.


