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Majicavo : Jean-Hugues Ratenon alerte sur les risques, Ericka Bareigts appelle à la solidarité nationale

Le transfert de 27 détenus de la prison de Majicavo à Mayotte vers La Réunion suscite de vives réactions parmi les responsables politiques réunionnais. Ce déplacement, suite à la mutinerie de Majicavo, est perçu par certains comme une gestion inadaptée des crises ultramarines.
Ecrit par S.I. – le mardi 8 octobre 2024 à 12H10

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Jean-Hugues Ratenon dénonce un "transfert de la violence"

 

Jean-Hugues Ratenon, député de la 5e circonscription de La Réunion, s'oppose une nouvelle fois fermement à cette décision. Selon lui, ce transfert ne fait qu'aggraver la situation déjà critique dans les établissements pénitentiaires de l'île. Jean-Hugues Ratenon était déjà monté au créneau pour dénoncer le transfert de détenus de Majicavo vers le centre pénitentiaire de Domenjod et la prison du Port. En février dernier, il avait interpellé à l'Assemblée nationale l'ex-ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, jugeant que l’État sera seul coupable du "transfert des violences de Mayotte vers La Réunion".

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En mars dernier, il avait écrit au préfet de La Réunion, Jérôme Filippini, pour lui demander "l’expulsion du territoire des violents, l’arrêt de transfert de détenu de Mayotte vers La Réunion, l’arrêt immédiat de la venue des enfants de Mayotte dans des familles sur notre territoire sans contrôle et qui se retrouvent à la rue."

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"Nous avons un taux de surpopulation de 160%, avec des détenus qui dorment sur des matelas au sol", déclare-t-il ce mardi, qualifiant la situation "d'indigne". Il déplore également l'absence de suivi et d'accompagnement pour ces détenus "déracinés", craignant un transfert de la violence de Mayotte vers La Réunion. "Ces détenus n'ont aucune famille ici, que vont-ils faire à leur sortie de prison ?", s'interroge-t-il.

Jean-Hugues Ratenon critique également le manque d'action de l'État pour résoudre les problèmes à la source, notamment à Mayotte. "L'État promet depuis deux ans et demi une nouvelle prison à Mayotte, mais rien n'a été fait", ajoute-t-il, appelant à un arrêt immédiat de ces transferts vers La Réunion et à la construction d'une nouvelle prison à Mayotte.

Ericka Bareigts appelle à la solidarité nationale

 

De son côté, Ericka Bareigts, première secrétaire fédérale de la fédération locale du Parti socialiste à La Réunion, adopte un ton plus nuancé mais tout aussi critique. Elle souligne le manque de concertation avec le territoire réunionnais et le risque d'une détérioration des conditions carcérales locales. "Les prisons réunionnaises souffrent déjà de surpopulation et de manque de services adaptés", indique-t-elle.

La maire de Saint-Denis appelle à une solidarité nationale, estimant que la gestion des crises carcérales ne doit pas reposer uniquement sur La Réunion. "L'État doit cesser de traiter notre île comme une simple solution de transfert", déclare-t-elle, en soulignant le sous-investissement de l'État à Mayotte.

Un défi pour l’État

 

Les deux élus s'accordent sur un point : la responsabilité de l'État dans la gestion de cette crise. Si Jean-Hugues Ratenon met en avant l'inefficacité des politiques à Mayotte, Ericka Bareigts insiste sur la nécessité d'une réponse plus globale et solidaire. Tous deux demandent des solutions concrètes pour Mayotte et La Réunion afin d'éviter que ces transferts ne deviennent une source de tensions supplémentaires dans les établissements pénitentiaires locaux.

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