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"L'État organise le transfert des violences de Mayotte vers La Réunion"

"Êtes-vous prêts à entendre raison et à agir en conséquence?". C'est la question adressée à Gérald Darmanin par Jean-Hugues Ratenon, qui intervenait ce mardi à l'Assemblée nationale sur la situation explosive à Mayotte. Une situation "pas nouvelle" tient à rappeler le député de la 5e circonscription, qui s'inquiète notamment des répercussions pour La Réunion.
Ecrit par S.I. – le mercredi 14 février 2024 à 09H23

"Malgré de nombreuses alertes et propositions depuis 2017, les appels à l'action ont été ignorés, laissant une population entière dans un désarroi profond", dénonce le parlementaire et ce, "malgré les alertes" des élus de Mayotte concernant la situation "explosive" liée aux enfants abandonnées. "Quatre à cinq mille enfants dont les parents ont été reconduits à la frontière où sont décédés en mer, vivent dans la rue, sous des abris de fortune dans la boue. Dès 2018, Jean-Luc Mélenchon avait suggéré que l'Hexagone prenne sa part de responsabilité en accueillant immédiatement les quatre à cinq mille mineurs isolés en détresse totale", indique Jean-Hugues Ratenon.

Il ajoute : "Six ans plus tard, ces mêmes mineurs abandonnés, âgés de 10 à 20 ans, ne constituent-ils pas le gros des troupes des bandes responsables de l'insécurité qui règne à Mayotte ?".

Outre la question des mineurs isolés, Jean-Hugues Ratenon a demandé à l'État de prendre sa part de responsabilité en mettant rapidement en œuvre le plan d'investissement de 1,8 milliard d'euros sur 10 ans, une demande formulée par les élus mahorais. Ceci afin d'assurer les besoins vitaux de la population "en termes de logement, d'eau potable, d'éducation, de transport, de santé", car dit-il, "la fin du droit du sol n'arrêtera pas le flux migratoire". Autrement, estime Jean-Hugues Ratenon, l'État sera seul coupable du "transfert des violences de Mayotte vers La Réunion" : "Maintenant, soit six ans plus tard, êtes-vous prêts à entendre raison et à agir en conséquence ?".

La ministre déléguée aux Outre-mer, Marie Guénevoux, s'est dite "surprise" par les propos du député insoumis. Elle estime que l'interrogation de ce dernier sur la responsabilité de l'État sur la non prise en compte des doléances des élus mahorais "semble nier une part de la réalité". "De notre point de vue, soit on fait l'autruche, soit on agit. Et c'est bien l'action aujourd'hui que le gouvernement a décidé de mener", assure-t-elle.

Cette dernière tient à rappeler que le gouvernement a pris "une batterie de mesures" dont la principale, à savoir la suppression du droit du sol sur le territoire de Mayotte, devrait "couper l'attractivité de l'immigration irrégulière". "La restriction de 90% des titres de séjour sera également prévue en nous appuyant à la fois sur les mesures du projet de loi immigration, mais aussi sur de nouvelles dispositions qui viendront à être débattues devant vous, mesdames et messieurs les députés, dans le cadre d'un projet de loi de Mayotte", poursuit Marie Guénevoux. Elle a réaffirmé la préparation d'une opération Wuambushu 2 qui "permettra également de continuer à lutter contre la délinquance, l'immigration irrégulière et l'habitat insalubre".

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