"Je vais détruire ton petit monde" : deux ans ferme pour avoir mis le feu chez son ex à Sainte-Suzanne et poignardé le chien

Ne supportant pas la séparation, un père de famille de 30 ans avait mis le feu aux Harley Davidson de son beau-père le 31 octobre dernier à Sainte-Suzanne, l’incendie des motos se propageant à la maison.
"Une dimension vengeresse pas banale" note la procureure. A la barre du tribunal correctionnel, un père de famille de 30 ans comparaît lundi 2 février pour destruction par incendie et acte de cruauté envers un animal.
Les faits remontent au 31 octobre dernier à Sainte-Suzanne. Alors que sa compagne l’a quittée depuis trois semaines pour retourner vivre chez ses parents avec leurs deux enfants, l’homme se vexe qu’elle refuse de venir pour l’anniversaire de sa mère.
"Tu vas avoir une belle surprise"
Il lui adresse alors plusieurs textos menaçants. "Je vais lâcher la bête et tu vas avoir une belle surprise" écrit-il, ou encore "je vais détruire ton petit monde comme tu as détruit notre famille."
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Menaces qu’il ne va pas tarder à mettre à exécution. Demandant à son cousin de lui servir de chauffeur, il passe à une station-service remplir un bidon d’essence. Puis, équipé d’une cagoule et d’un couteau, il se fait conduire chez les parents de son ex.
En s’introduisant dans le jardin, il s’en prend d’abord au chiot de quatre mois qui s’y trouve, le frappant avec son couteau. Puis, à l'aide du bidon et d'un briquet, il met le feu aux trois Harley Davidson de son beau-père avant de remonter dans la voiture de son cousin.
"Je vivais très mal la séparation"
Pendant qu'ils prennent la fuite, l’incendie va rapidement se propager à une voiture puis à la maison, qui sera presque entièrement détruite malgré l'intervention des pompiers.
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Très vite soupçonné par son ex-compagne, l’homme va d’abord jouer les innocents en regagnant immédiatement après les faits le centre où il est en formation pour se faire un alibi, tandis que son cousin fait disparaître les objets du délit.
Mais l’enquête de gendarmerie les confond au bout de quelques jours, d’autant plus certainement que l’incendiaire s’est brûlé la main durant ce qu’il a appelé "la mission".
"Je vivais très mal la séparation et, ce jour-là, j’avais consommé plus que d’habitude", regrette le trentenaire à la barre, reconnaissant prendre de la cocaïne et des méthamphétamines. "Je voulais juste détruire les motos, pas la maison. Le chien, c’est parce qu’il m’a attaqué quand je suis entré", prétend-il.
"Une volonté de détruire, de faire mal"
Mais pour la partie civile, rappelant la "détresse" de cette famille "qui a tout perdu", il y avait bien "une volonté de détruire, de faire mal", alors que le préjudice se chiffrera en centaines de milliers d’euros et que le chiot a perdu l'usage d'une patte.
L’accusation retient pour sa part "la préméditation et la détermination" dans ces faits qualifiés de "gravissimes". Elle requiert à l’encontre de l’auteur principal quatre ans de prison dont un avec sursis probatoire, ainsi que deux ans de prison dont un avec sursis probatoire contre le cousin.
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Des réquisitions "excessives" pour la défense, qui s’appuie sur l’expertise psychiatrique du prévenu pointant chez lui "un défaut de régulation émotionnelle" et une consommation de toxiques lors des périodes de dépression. "Il s’en est pris à du matériel, pas aux personnes", veut nuancer son avocat en rappelant encore son absence d'antécédents judiciaires.
Après en avoir délibéré, le tribunal va condamner le principal prévenu à trois ans de prison dont un an avec sursis probatoire, son complice écopant de la peine requise mais avec placement sous bracelet électronique.


