28 mois de prison pour le conjoint violent après qu'il a tenté d'échapper aux policiers

Les violences conjugales occupent toujours une bonne place dans les audiences de comparution immédiate. Ce vendredi 30 janvier, Mickael T. était jugé pour avoir passé à tabac sa compagne au Port.
Les faits remontent au 21 janvier dernier, dans la commune du Port. Vers 18h30, les forces de l’ordre interviennent suite à l'appel d'une femme affirmant que son compagnon l'a frappée. Peu à peu, elle raconte le déroulé de la soirée aux fonctionnaires de police. Alors qu'elle se trouvait chez l'oncle de son compagnon, ce dernier est arrivé. Les deux ont bu et, sans crier gare, une dispute éclate. L'individu lui donne plusieurs coups de poing.
Face à cette situation, l'oncle du mis en cause tente de le maîtriser. La victime en profite pour contacter les forces de l'ordre et l'agresseur, Mickael T., prend la fuite quand il apprend que la police est prévenue.
Plus tard, sur les coups de 23 heures passées, l'individu se présente à nouveau chez son oncle. De nouveau, il agresse sa compagne et, de nouveau, elle prévient les forces de l'ordre qui, de nouveau, font chou blanc.
21 jours d'ITT pour la victime
Interrogé, l'oncle de Mickael T. confirme l'altercation et le passage à tabac. La victime est prise en charge par un médecin, qui lui prescrit 21 jours d'ITT. Parmi les blessures notables, outre les traces des coups de poing portés, la jeune femme présente une luxation de l'épaule. En effet, Mickael T. a voulu la forcer à rentrer à la maison en la tirant.
Deux jours plus tard, dans un bloc d'immeubles du Port, une personne téléphone aux policiers : Mickael T. tente de rentrer dans le domicile de sa compagne. Cette fois-ci, les fonctionnaires lui mettent le grappin dessus : direction la garde à vue et le défèrement.
À la barre, le prévenu reconnaît seulement avoir eu un râlé-poussé avec sa compagne. Il affirme que tous deux avaient consommé de l’alcool, nie toute autre violence et déclare que la victime peut se montrer "hystérique".
En détaillant le profil de Mickael T., on note tout de même 18 mentions à son casier judiciaire, pour des délits routiers et des vols.
"Une madame qui est avec vous ne doit pas être chez quelqu’un d’autre"
Pour la procureure, les faits sont clairs et d’une "grande gravité". Elle rappelle que les violences ont commencé dès la première intervention policière, alors même que le mis en cause avait quitté les lieux. À 23h43, les forces de l’ordre sont à nouveau requises, cette fois au domicile du prévenu, où il n’est plus présent. La victime refuse d’y retourner avec lui.
La procureure révèle certains détails de l'enquête de voisinage : certains voisins faisaient état de disputes récurrentes, et elle lit une déclaration aberrante prononcée par Mickael T. : "une madame qui est avec vous ne doit pas être chez quelqu’un d’autre".
Enfin, le ministère public argue que Mickael T. n'en est pas à ses premiers déboires avec la justice : même si son casier ne comporte quasiment pas de faits de violences, il totalise tout de même 18 mentions. Elle requiert donc une peine de 24 mois de prison, la révocation de quatre mois du reliquat de son sursis probatoire, un mandat de dépôt, ainsi que les peines complémentaires habituelles pour les cas de violences intrafamiliales.
La défense plaide la peine mixte
La défense reconnaît une relation conflictuelle, évoquant un couple "toxique" marqué par la consommation d’alcool et de stupéfiants. L’avocate souligne que son client admet l’avoir poussée, mais conteste l’ensemble des autres violences. Elle insiste également sur la situation actuelle du prévenu : un emploi et un logement indépendant, une situation qui pourrait être propice à un aménagement de peine.
Le tribunal ne l'entend pas de cette oreille et suit les réquisitions de la procureure, condamnant Mickael T. à 28 mois de prison au total.


