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"J’ai toujours des flashbacks et des crises d’angoisse" : un an après le car-jacking dont elle a été victime, Victoria Asli-Corré de nouveau confrontée à ses agresseurs

Ecrit par Sébastien Gignoux – le mardi 19 mai 2026 à 18H08
Victoria Asli-Corré et son avocat Me Réchad Patel.

Victime d’une violente agression en mars 2025, la présentatrice de la matinale d’Antenne Réunion, Victoria Asli-Corré, a raconté le traumatisme qu’elle subit toujours à l’occasion du second procès de ses agresseurs.

« Cette agression a chamboulé ma vie au quotidien. » Extrêmement émue à la barre, Victoria Asli-Corré explique au tribunal les conséquences toujours vivaces du car-jacking dont elle a été victime il y a plus d’un an, le 11 mars 2025 à Saint-Denis.

Ce jour-là, la présentatrice de la matinale d’info d’Antenne Réunion se lève tôt comme à son habitude pour se rendre sur le plateau du 6/8 Ansanm. Il est 4h du matin et il fait encore noir lorsqu’elle monte dans sa voiture et s’apprête à quitter sa résidence, dans le secteur de Champ-Fleuri.

"J'ai eu extrêmement peur"

C’est alors que plusieurs jeunes font irruption autour d’elle, faisant mine de lui demander de l’aide. L’un, porteur d’un masque chirurgical et d’un gilet réfléchissant, ouvre alors la portière côté conducteur et tire violemment la jeune femme par le bras pour l’extraire de la voiture et lui arracher son téléphone des mains, tandis qu’un autre individu grimpe côté passager et un troisième à l’arrière, exhibant un couteau.

« J’ai eu extrêmement peur. J’ai réussi à m’enfuir pour essayer d’arrêter des automobilistes », raconte la jeune femme de 21 ans, alors que deux de ses agresseurs présumés comparaissent mardi 19 mai devant le tribunal correctionnel de Saint-Denis. Trois autres, mineurs au moment des faits, avaient déjà été jugés en janvier dernier, dont deux ont été condamnés.

"Une perte de sécurité et d'autonomie"

Si les voleurs ne parviennent pas à redémarrer la voiture, ils s’enfuient à pied en emportant les effets personnels de l’ancienne 1ère Dauphine de Miss Réunion. Un sac, une tablette tactile, un téléphone, une carte bleue, une trousse de maquillage… butin dont une partie sera retrouvée brûlée dans le parc de la Trinité. Mais, comme pour beaucoup de victimes d'agressions crapuleuses, ce n’est pas tant le préjudice matériel qui importe pour la jeune femme que le retentissement psychologique des faits.

« Un an après, je suis toujours suivie pour un syndrome de stress post-traumatique. J’ai régulièrement des flashbacks, je fais des crises d’angoisse. J’ai du mal à prendre le volant, j’ai de nouveau la peur du noir, je panique systématiquement… », décrit l’animatrice. « J’ai aussi dû abandonner mes études de droit pénal car les cas pratiques me rappelaient trop ce que j’ai vécu », lâche alors dans un sanglot celle qui se destinait au métier d’avocate.

« Ce n’est pas parce que j’ai une profession médiatique que je suis moins sensible », reprend-elle. « Cette affaire a provoqué chez moi une perte du sentiment de sécurité et d’autonomie, car je dois régulièrement faire appel à mes proches pour m'accompagner », conclut-elle.

30 et 20 mois de prison ferme

« On sent bien le traumatisme que cette affaire a causé » enchaîne son conseil, Me Réchad Patel. « C’est inacceptable qu’une jeune femme qui commence à travailler se retrouve avec toute sa vie bouleversée, obligée de déménager, d’abandonner ses études et de devoir déranger sa famille pour des choses anodines à cause d’individus sans scrupules », plaide encore l’avocat.

A la barre, les deux jeunes prévenus de 19 et 21 ans minimisent leur participation, expliquant « avoir regardé mais sans rien faire » les mineurs qui les accompagnaient. « Je suis désolé, elle a dû ressentir du stress », s'excuse néanmoins le plus jeune.

« Ils avaient déjà commis des violences à Sainte-Marie plus tôt dans la nuit, mais ils ont voulu continuer », rappelle la procureure, considérant que les deux prévenus, déjà détenus pour les précédents faits, « ont bien participé à ce vol en réunion ». Et de requérir 30 et 18 mois de prison ferme supplémentaires pour chacun d’eux.

Me Catherine Moissonier tentera bien d’obtenir la relaxe pour l’un des jeunes majeurs, « qui n’a pas fait plus que l’un des mineurs qui a été relaxé par le tribunal pour enfants », rappelle-t-elle. Après délibéré, le tribunal condamnera cependant les deux prévenus à respectivement trente et vingt mois de prison ferme, avec mandat de dépôt. Un verdict accueilli avec soulagement par Victoria Asli-Corré et ses proches, venus la soutenir à l’audience.

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