Liens avec l'État islamique : les quatre accusés de la filière réunionnaise condamnés

La cour d'assises spéciale de Paris a condamné mardi les quatre hommes poursuivis dans le dossier de la filière djihadiste ayant acheminé des combattants de La Réunion vers la Syrie entre 2014 et 2019. Le seul accusé présent à son procès écope de 19 ans de réclusion criminelle, tandis que les trois autres, présumés morts, sont condamnés à 20 ans de prison par défaut.
La cour d'assises spéciale de Paris a rendu son verdict dans l'affaire de la filière djihadiste dite « Réunion-Syrie », démantelée en 2015. Les quatre hommes poursuivis pour leur implication au sein de groupes terroristes opérant en Syrie ont été condamnés à de lourdes peines, comprises entre 19 et 20 ans de réclusion criminelle, selon l'AFP.
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Anthony de Monjoie Maurice, 40 ans, était le seul accusé présent dans le box. Il a été condamné à 19 ans de réclusion criminelle. La cour a également prononcé à son encontre un suivi sociojudiciaire de six ans, une peine de dix ans d'inéligibilité ainsi que son inscription au Fichier des auteurs d'infractions terroristes (FIJAIT).
Les trois autres accusés, absents du procès et présumés morts selon la cour, ont été condamnés à 20 ans de réclusion criminelle. Des mandats d'arrêt ont été délivrés contre eux et leur inscription au FIJAIT a également été ordonnée.
Une filière née à La Réunion
Les quatre hommes, âgés de 30 à 41 ans, sont nés à Madagascar ou à Mayotte. Selon les enquêteurs, ils se sont radicalisés à La Réunion, où ils auraient suivi des enseignements prônant le « djihad armé » ainsi qu'un entraînement physique avant leur départ pour la Syrie en 2014.
Ils étaient poursuivis pour leur participation à plusieurs organisations terroristes, notamment l'État islamique (EI) et Jabhat al-Nosra, l'ancienne branche syrienne d'Al-Qaïda.
Anthony de Monjoie Maurice était plus particulièrement accusé d'avoir participé, en 2015, à la pose d'engins explosifs destinés à freiner l'avancée des Forces démocratiques syriennes, soutenues par la coalition internationale contre l'EI. Il lui était également reproché d'avoir assuré des missions de surveillance pour le compte de Jabhat al-Nosra entre 2014 et 2016, ainsi qu'un rôle de recruteur chargé de faciliter le départ de ressortissants français vers la Syrie.
Durant son procès, l'accusé a contesté les faits qui lui étaient reprochés.
Un verdict conforme aux réquisitions
À l'issue des débats, la cour a suivi quasiment intégralement les réquisitions de l'avocat général. Seule la durée du suivi sociojudiciaire diffère : le parquet avait sollicité huit ans, contre six finalement retenus.
Lors de son réquisitoire, l'avocat général avait justifié la peine de 19 ans prononcée contre Anthony de Monjoie Maurice en estimant que ce dernier « n'avait pas évolué et niait les évidences ».
De son côté, son avocate, Me Kheira Flissi, avait plaidé pour une peine comprise entre 13 et 14 ans de réclusion criminelle, qu'elle jugeait plus adaptée. Son client dispose désormais d'un délai de dix jours pour interjeter appel.
Cette filière, démantelée en 2015, demeure la première organisation de ce type identifiée par les services antiterroristes français dans un département d'outre-mer.


