Revenir à la rubrique : Société

À Saint-Denis, le défilé du 14-Juillet se répète face au vent

Ecrit par Mehdi Bednarek – le mercredi 8 juillet 2026 à 18H22

Neuf heures, ancienne route du littoral. La voie est bouclée, et c'est peu dire que le dispositif impressionne : 616 personnes prennent part au défilé, entre deux averses et quelques éclaircies. Sur le bord, je croise l'un des deux seuls cadets « remplaçants », les bras chargés de packs d'eau. L'un d'eux lui échappe et tombe à mes pieds. Je fais quelques centaines de mètres à ses côtés avant de repartir, appareil en main, me fondre dans les rangs.

Micro à la main, monsieur Lopes, l'un des officiers qui coordonnent les répétitions, ne laisse rien passer. « Buste droit, les mains au niveau de la ceinture. » Il avise une paire de lunettes qui foncent au soleil : le jour J, il faudra des verres normaux, tranche-t-il. Vient le salut : les chefs de détachement doivent incliner la tête vers la tribune jusqu'à la marque de fin de salut, quand les autres gardent la tête droite. Dans l'ordre se succèdent les bénévoles de l'événement, les services civiques, les gendarmes, les corps militaires, la Marine, la police nationale puis les autres unités militaires.

Présence du président de la République des Seychelles, Patrick Herminie

À 10h30, place à la conférence de presse. Les orateurs y affrontent d'abord un adversaire têtu : le vent, qui fait claquer les feuilles et oblige les intervenants à retenir leurs notes.

Le directeur de cabinet du préfet, Vincent Bernard-Lafoucrière, annonce la venue du président de la République des Seychelles, Patrick Herminie, attendu du 13 au 15 juillet. Trois jours placés sous le signe du partenariat entre la France, La Réunion et l'archipel, en particulier dans la lutte contre le narcotrafic. Pour sécuriser l'ensemble, plus de 700 policiers et gendarmes seront mobilisés, appuyés par un scanner mobile des douanes. Un mot pour saluer les bénévoles associatifs.

Cette année, le défilé se met à l'heure des 400 ans de la Marine nationale. Le général de division Jean de Monicault, commandant supérieur des Forces armées de la zone sud de l'océan Indien (FAZSOI), l'a rappelé : place à une parade navale, emmenée par le patrouilleur outre-mer Auguste Techer. Son nom n'est pas anodin : Auguste Techer était un enfant du pays, natif de Saint-Louis et Compagnon de la Libération. Deux avions de transport kazakhs sont également annoncés dans le ciel dionysien. « Travailler ensemble avec les forces de la région » : la coopération, ici, se décline autant sur mer que dans les airs.

1.500 à 1.600 personnes attendues

Le fil rouge de l'édition tient en un thème : « des racines et des ailes », annonce la maire de Saint-Denis. Les racines qui se mêlent et donnent, plus tard, des plantes uniques, image de la singularité réunionnaise ; les ailes, elles, regardent vers l'avenir. Sur le terrain, cela donne 81 véhicules, une nouveauté (de la danse, en plus des animations) et une place faite aux artistes de La Réunion, services civiques en renfort.

Côté public, entre 1 500 et 1 600 personnes sont attendues sur place, et le défilé est prévu pour 9 heures. Le feu d'artifice est programmé à 20 heures, au Barachois. Pour s'y rendre, la Sodiparc promet des navettes gratuites au départ de l'Hôtel de ville, avec des renforts de bus dès 8 heures puis à partir de 17 heures ; réservations sur citalis.re (à vérifier si c'est bien le site que tu voulais citer).

Reste, en creux, le petit moment qui dit tout de l'exercice.

Au détour d'une prise de parole, un « bataille navale » s'invite à la place de « parade navale ». Rires étouffés dans l'assistance. Le mot file, personne ne le reprend ; il en disait pourtant plus long que tous les autres.

Le vent, lui, continue d'emporter les feuilles pendant qu'on parle de racines.

Etiquettes : 14 juillet | PU1

Dans la même rubrique

0💬
Tri :