« Vendetta » contre un gérant de snack-bar : un homme retourne en détention un mois après sa sortie de prison

Irchade O. est jugé pour des violences à l'encontre de deux personnes et pour la violation des obligations issues d'une précédente condamnation. En état de récidive, il écope d'une peine de six mois de prison quelques jours seulement après être sorti de détention.
Un dossier simple en apparence. Irchade O., un Saint-Paulois, est soupçonné d'avoir commis des violences sur deux personnes, en plus d'avoir délibérément violé les obligations auxquelles il était soumis à la suite d'une précédente condamnation.
Le 4 juillet dernier, une jeune femme se présente à la gendarmerie de Saint-Paul. Elle dit avoir été agressée par un homme qui se serait introduit chez elle avant de la rouer de coups.
Un médecin l'ausculte et lui prescrit un jour d'ITT. Elle présente des blessures au visage et, surtout, l'un de ses piercings s'est arraché au cours de l'altercation. La victime affirme connaître son agresseur : il s'agirait d'un homme surnommé « Badjo », une connaissance toute relative puisque, quelques mois auparavant, celui-ci avait eu des démêlés avec sa famille.
Une rumeur à l'origine de l'altercation
Deux jours après le dépôt de plainte, Irchade O. est interpellé. Les enquêteurs le relient également à l'agression d'un employé sur le front de mer de Saint-Paul : il l'aurait passé à tabac avant de lui lancer une bouteille en verre, le blessant avec les éclats.
Il aurait également été aperçu dans un snack fréquenté de la ville.
Un établissement dans lequel il lui était interdit de paraître, en application d'une précédente condamnation judiciaire. Il se trouve que le gérant est également le père de la première victime. L'origine de cette « vendetta » tiendrait à une rumeur : l'employé agressé aurait affirmé qu'Irchade O. était mort pendant sa détention, provoquant la colère de ce dernier.
Entendu par les enquêteurs, l'employé s'est vu prescrire cinq jours d'ITT. Il explique avoir tenté de faire comprendre à son agresseur que cette rumeur ne le visait pas.
Le prévenu nie les faits
À la barre du tribunal, Irchade O. conteste vigoureusement les faits qui lui sont reprochés. Concernant la première agression, au domicile de la jeune femme, il affirme avoir passé la soirée chez sa compagne, installé sur son canapé. Cette dernière confirme sa version. Selon les débats, un témoin existerait, mais refuserait de s'exprimer par crainte de représailles.
Concernant la violation des obligations auxquelles il était soumis, Irchade O. assure ne pas avoir eu connaissance de cette interdiction. « Je suis allé acheter une boisson et à manger », martèle-t-il. Lorsque la présidente lui rappelle qu'un document lui avait été remis lors de sa précédente condamnation et que cette interdiction y figurait noir sur blanc, il botte en touche.
Concernant la seconde agression, il reconnaît avoir poussé l'employé de son vélo, mais nie fermement l'avoir passé à tabac. Quant à la blessure à la lèvre de la victime, il peine à s'expliquer et maintient sa version. L'avocate de l'employé dénonce, dans sa plaidoirie, des « représailles » et rappelle l'existence d'un certificat médical attestant des violences.
Un lourd passif judiciaire
Comme le rappelle la procureure, Irchade O. n'est pas un inconnu de la justice. Son casier judiciaire comporte 17 mentions, notamment pour des vols et des violences. Elle évoque même un « record » en matière de récidive, le prévenu étant sorti de détention quelques jours seulement avant les faits reprochés. Elle regrette également qu'il continue de nier les infractions.
Concernant la première agression, le ministère public estime que, malgré l'absence de témoin direct, les déclarations de la victime suffisent à caractériser la présence du prévenu sur les lieux. « Pourquoi mentir ? », interroge la procureure, qui requiert une peine de deux ans d'emprisonnement ainsi qu'une interdiction d'entrer en contact avec les deux victimes.
L'avocate de la défense réfute cette analyse. Selon elle, aucun témoin ni aucun élément matériel ne permet de relier son client à la première agression, hormis les déclarations de la jeune femme, avec laquelle il existe un passif. Concernant la seconde affaire, elle souligne que le certificat médical ne correspond pas exactement aux violences décrites et qu'aucune blessure causée par un éclat de verre n'a été constatée.
Après en avoir délibéré, le tribunal retient plusieurs arguments de la défense. Irchade O. est relaxé concernant la première agression. Dans la seconde affaire, la circonstance aggravante d'usage d'une arme n'est pas retenue. Il est finalement condamné à six mois de prison avec mandat de dépôt, à 500 euros d'amende et devra verser à l'employé la somme de 400 euros au titre de son préjudice.


