Ivre, il menace sa voisine et finit avec une interdiction de paraitre dans la cité

Le tribunal judiciaire de Saint-Denis avait à juger une affaire de menaces matérialisées par la présence d'une arme. Les faits se sont produits alors que le mis en cause était fortement alcoolisé. Apeurée par la violence des propos tenus par son agresseur, la victime a déposé plainte.
Il est environ 22 heures le 13 janvier dernier lorsque Emmanuel Y. rentre chez sa compagne dans une cité de Saint-Benoit. Il est toujours dans sa voiture lorsqu'il constate que sa voisine le regarde de chez elle. Sans savoir pourquoi, la pauvre femme se fait littéralement agressée verbalement. Tout y passe, insultes, menaces et propos dégradants. Il lui demande "pourquoi elle le regarde", et pour bien se faire comprendre, brandi une serpette en hurlant qu'il va "mettre le feu à sa voiture". Il est interpellé par la gendarmerie et contrôlé avec un taux d’alcool de 2,04 g/l d'alcool dans le sang.
Compte tenu des 5 mentions au casier judiciaire du mis en cause, toutes pour des violences, il est jugé dans le cadre d'une comparution immédiate. À la barre, le prévenu est d'un calme olympien. Il explique connaitre sa voisine et prétend ne pas avoir de problèmes avec elle. Il s'excuse benoitement, avouant ne pas se souvenir de tout. "Je ne comprends pas pourquoi j'ai fait ça. Je n'ai pas voulu lui faire de mal, c'est une bonne dame", s'explique-t-il devant le tribunal.
"Il m'a tellement humilié, j'ai honte de vous dire ce qu'il m'a dit"
Présente à l'audience, la victime n'a pas la même version : "Il a déjà défoncé ma porte alors qu'il avait bu. Il m'avait promis qu'il ne recommencerait pas. Il m'a tellement humilié, j'ai honte de vous dire ce qu'il m'a dit. Je veux qu'il reste loin de moi", fustige-t-elle en pleurs à la barre.
"Il a un positionnement calme à l'audience, mais les paroles de menaces ne sont jamais des paroles en l'air", insiste la procureure qui ajoute qu'il avait "une scie à dent et deux sabres dans son véhicule". Le parquet met l'accent sur la consommation quotidienne du prévenu, reprenant les propos de son propre fils : "Papa est normal que 2 jours par semaine". La magistrate requiert une peine de 8 mois de prison dont 4 mois de sursis probatoire pour les faits de menaces et demande un aménagement sous bracelet pour la partie ferme, mais chez sa mère qui peut l'héberger.
"Il regrette profondément"
"Qui est-il ? C'est la question que nous devons nous poser", répond la défense. La robe noire le décrit comme "un homme calme à la barre et un autre, sombre, quand il boit", ajoutant : "Il est en proie à une grosse addiction à l'alcool, mais il fait tout pour s'en sortir". La défense explique ensuite ce comportement par "de graves accusations qu'il a subies dans son travail et qui l'ont conduit à reboire. Il regrette profondément", conclut-elle.
Après délibération, le tribunal suit les réquisitions du parquet, ajoutant une interdiction de contact, de paraitre au domicile de la victime ainsi que de paraitre dans la cité bénédictine pour une durée de 2 ans. Il purgera sa peine au domicile de sa mère.
Lire aussi : Violences, alcool et évasion : le tribunal sanctionne avec fermeté


