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Il étrangle sa compagne : La fille de la victime appelle les gendarmes

Patrice A., 40 ans, n'a jamais fréquenté les salles d'audiences d'un tribunal. Le 6 janvier dernier, à Saint-Benoit, il commet l'irréparable en levant la main sur sa compagne. Apeurée, c'est la très jeune fille de celle-ci qui appelle les gendarmes à 4h du matin.
Ecrit par Régis Labrousse – le mardi 10 janvier 2023 à 18H19

Tel un boxeur sonné par la rudesse du combat, Patrice A. pénètre dans la salle d'audience du tribunal judiciaire de Saint-Denis pour répondre de violences sur conjoint. Le regard hagard et le pas hasardeux, il se place devant la présidente d'audience pour répondre de ses actes. Pour autant, c'est son addiction à l'alcool qui le met dans un tel état. Il explique : "Je consommais 2 bouteilles de rhum par jour, aujourd'hui, j'ai bien diminué, je suis à une bouteille par semaine".  

Le 6 janvier dernier, il a bu alors qu'ils reçoivent du monde chez sa compagne. Vers 4 heures du matin, il s'énerve car il ne trouve pas ses cigarettes. Une dispute éclate car sa compagne n'apprécie pas son comportement et encore moins sa consommation excessive d'alcool. Elle lui demande de partir de chez elle, il s'exécute après avoir récupéré et jeté de colère sa sono dehors. Il revient, tape à la porte, sa compagne ouvre par réflexe. Il lui porte immédiatement un coup au visage puis l'agrippe des deux mains par le cou. Il s'arrête soudainement puis ressort. Comprenant qu'il se passe quelque chose de grave, la jeune fille de la victime appelle les gendarmes leur disant : "Ma mère est frappée par mon beau-père". 

1,4 g/l d'alcool dans le sang

Les militaires arrivent rapidement et trouvent l'agresseur allongé endormi devant le portail de la maison. Il est interpellé et placé en garde à vue. Il sera contrôlé à 1,4 g/l d'alcool dans le sang. S'il reconnait les faits, il s'avère qu'il ne se souvient pas de tout : "Si elle dit que ça s'est passé comme ça, ça doit être vrai". En effet, il apparait dans la procédure qu'il a une forte dépendance à l'alcool. La victime indiquera qu'ils sont ensemble depuis 7 mois et qu'il s'agit du troisième épisode de violences en quelques jours. Par la voix de son avocat, elle demande une interdiction de contact tant elle est apeurée pour elle et ses deux enfants. 

"Je l'ai frappée, c'est de ma faute mais elle me pousse souvent à bout", se justifie-t-il devant le tribunal. Pas de quoi faire sourire le procureur. "C'est un dossier qui dénote en comparution immédiate car il n'a pas de casier judiciaire. S'il est là, c'est en raison de la gravité des faits. Il y a une crainte d'une rapide réitération des faits car il n'a nulle part où aller", tance le parquet qui requiert 18 mois de prison dont 12 mois assortis d'un sursis et un maintien en détention pour la partie ferme. 

"Il reconnait avec des souvenirs éparses car il est totalement ivre le matin du 6 janvier", répond la défense. "Il ne cherche pas à se dédouaner et regrette ses gestes qui sont dus à une consommation excessive d'alcool. Il est né en 1983 et n'a jamais été condamné, je doute de la réitération des faits. La peine demandée est inadaptée et disproportionnée. Je vous demande de ne pas prononcer de maintien en détention", plaide la robe noire.

Le tribunal fait droit aux arguments de la défense et prononce une peine de 8 mois de prison avec sursis probatoire. Il prononce également des interdictions de contact et de paraitre au domicile de la victime. 

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