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Il craque une allumette pour brûler sa femme et ses six enfants

Ecrit par zinfos974 – le mercredi 27 novembre 2019 à 23H15

Un homme de 48 ans, originaire de Bras-Panon, comparaissait ce mercredi dans le cadre de la comparution différée pour avoir, le 5 octobre dernier, exercé des violences sur sa concubine et l'avoir menacée de mort de manière réitérée ainsi que leurs 6 enfants âgés de 6 à 16 ans.

Le couple vit des moments difficiles depuis plusieurs mois en raison de leur vision complètement opposée sur l'éducation des enfants. Elle aimerait laisser plus de liberté et d'autonomie aux grands, ce qu'il refuse obstinément. Le 5 octobre, après 20 ans de vie commune, elle lui annonce qu'elle le quitte.

Le soir, après une dispute de trop, Joël.G, qui menace sa famille depuis quelques jours - "je vais tous vous tuer", répète-t-il - prend un bidon d'essence qu'il éparpille sur le lit de la chambre, revient dans le séjour où se trouve sa compagne et s'asperge d'essence ainsi que la mère de ses enfants.

Toute la scène se déroule devant les marmailles effrayés. Alors qu'il a pris soin de fermer la maison à clé, la mère, qui à ce moment précis pense qu'elle va mourir, a le réflexe de faire sortir les enfants qui s'enfuient par la fenêtre de la case de plain-pied. Visiblement décidé à aller jusqu'au bout, Joël.G craque une allumette. Sa compagne, d'un geste brusque mais précis, repousse sa main avant que l'allumette ne s'embrase. Elle parvient à rejoindre ses enfants et tous vont se cacher dans un fossé.

"Votre épouse et vos enfants ont-ils eu raison d'avoir peur ? Oui bien sûr !"

Joël.G, qui prend quand même le temps de changer de t-shirt, part en voiture à leur recherche sans succès. Prévenus entre temps, les gendarmes arrivent aux alentours de 23h et interpellent le prévenu qui ne cherche pas à s'enfuir.

A la barre, alors qu'il est incapable d'expliquer le but de ses actes, il raconte qu'il voulait seulement leur faire peur. "Si vous aviez un temps soit peu regardé le visage de votre compagne et de vos enfants pendant que vous versiez l'essence dans la maison, vous auriez pu voir que c'était réussi", tance la présidente, ajoutant immédiatement : "votre épouse et vos enfants ont-ils eu raison d'avoir peur ? Oui bien sûr !", répond benoîtement le prévenu. "Pourquoi avoir fermé la porte à clé  ?", insiste la présidente, "pour que ma famille ne parte pas. J'ai juste voulu leur faire peur", répond Joël.G tout penaud devant la cour. 

"Vous avez fait ça pour l'empêcher de partir ! Elle souhaitait mettre un terme au comportement de Monsieur qui étouffe ses enfants de par son éducation rigide. En le quittant, elle voulait mettre fin à ses souffrances qui durent depuis toujours. C'est une relation d'emprise, on est à deux doigts de la qualification criminelle, je vous demande de reconnaître la constitution de partie civile de ma cliente et de prononcer une interdiction de contact avec elle", explique la partie civile qui représente la maman.

"Il est jaloux mais c'est un moteur de sentiments quand on aime"

"Chaque enfant a subi un préjudice différent ce soir-là. C'est une véritable mise en scène qui a instauré un sentiment de terreur, ces enfants vont être traumatisés. Ce ne sont pas de simples fait de violences", ajoute la défense des enfants qui demande la reconnaissance de constitution de partie civile pour chacun ainsi qu'un euro symbolique de dédommagement par enfant.

"C'est un cas typique de violences conjugales même si elles ne sont pas physiques mais psychologiques. Il fait régner un climat de peur. C'est un cercle qui se répète tant qu'il n'est pas brisé. Il est complètement déconnecté, son seul but est de les faire souffrir. Ce sont des faits particulièrement graves aux conséquences dramatiques. Je vous demande la peine maximale de 5 ans dont 1 an avec sursis, l'interdiction de contact avec madame ainsi que le maintien en détention", requiert la procureure.

"Ne voyez rien de sexiste dans mes propos mais la féminisation du monde de la justice ne doit pas l'amener à être plus sévère avec un homme ! Il est jaloux mais c'est un moteur de sentiments quand on aime. Mon client n'a jamais voulu tuer sa famille, c'est quelqu'un de bien qui a perdu pied. Ses paroles sont inexcusables et condamnables mais il n'a jamais eu l'intention de les tuer", plaide la défense devant le tribunal entièrement féminin pour cette audience (NDLR: ce qui est fréquent lors des audiences).

Joël.G est condamné à 4 ans de prison dont 2 avec sursis mise à l'épreuve, une obligation de soins, de travail ainsi qu'une interdiction d'entrer en contact avec sa compagne. Le tribunal a également prononcé le maintien en détention.

 

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