Huguette Bello interpelle J-L Borloo sur le photovoltaïque à l'Assemblée Nationale


"Ma question s’adresse à Monsieur le Premier Ministre et porte sur la politique que le gouvernement entend mener en matière d’énergies renouvelables à la Réunion.
Au lieu de publier les textes d'application prévus par la LODEOM pour limiter les abus, le gouvernement préfère annoncer la suppression totale de la défiscalisation pour les investissements réalisés dans le photovoltaïque Outre-mer.
Cette annonce qui s'ajoute à la diminution du crédit d’impôt pour l’achat de panneaux solaires par les particuliers et à la baisse du prix d’achat de l'électricité d'origine photovoltaïque par EDF, sonne comme une mise à mort de toute une filière, tournant le dos à des années d’efforts et contredisant les déclarations des plus hautes instances de l’Etat. Qu’on en juge.
En janvier, le Président de la République, soulignant que la Réunion détenait le taux le plus élevé d’énergies renouvelables de la République (37%) et la moitié des dix plus grandes fermes photovoltaïques de France, n’hésitait pas à parler de territoire "absolument exemplaire".
Vous-même, M. le Premier Ministre, il y a un an, déclariez que "la France et l’Europe nous observent avec beaucoup d’admiration et attendent beaucoup de l’expérience conduite à la Réunion".
Le Ministre de l’écologie qui considère le projet GERRI de la Réunion comme le premier enfant du Grenelle de l’environnement, n’a-t-il pas prophétisé que cette île pourrait être le "premier territoire à entrer dans l'ère de l’après pétrole" ?
De même, l’article 56 du Grenelle prévoit l’autonomie énergétique dès 2030 pour l'Outre-mer et la LODEOM a fait des énergies renouvelables un de ses six secteurs prioritaires.
Le développement durable, l’île verte, l’après Kyoto, tout cela serait-il donc déjà au panier ? Les perspectives d’emplois, les filières de formation déjà sacrifiées?
Nous refusons que des mesures législatives programment de façon consciente des retards dans les Outre-mer, quitte ensuite à les déplorer ou à les critiquer.
Nous vous demandons donc, M. le Premier Ministre, de remiser la guillotine que recèle le PLF 2011 contre l’énergie solaire."
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M. le président. La parole est à M. Jean-Louis Borloo, ministre d’État, ministre de l’écologie, de l’énergie, du développement durable et de la mer, en charge des technologies vertes et des négociations sur le climat.
"Chère madame Bello, la France est engagée, depuis le Grenelle de l’environnement, dans une mutation gigantesque qui concerne toutes les énergies renouvelables, notamment le photovoltaïque. Le photovoltaïque ne connaît dans aucun autre pays du monde une croissance comme en France : 600 % d’augmentation en deux ans, mais 1.200 % dans les départements d’outre-mer. 1.200 % !
Pourquoi cette croissance ? Parce que, avec le tarif de rachat, la défiscalisation industrielle et l’article 200 quater, nous avons le meilleur dispositif de la République, avec le taux d’ensoleillement le plus élevé, comme vous le savez. Ce dernier est effectivement supérieur de 30 % à celui de métropole.
Vos propos nous semblent donc extraordinaires, madame Bello ! Nous connaissons une croissance de 1.200 % par an, que nous gérons et ajustons en permanence, comme nous l’a d’ailleurs demandé le président Victorin Lurel, en vertu des dispositions de la Constitution.
Oui, madame Bello, le programme GERRI permettra, à terme, l’autonomie énergétique des îles des départements d’outre-mer, lesquels sont la vitrine des énergies renouvelables."


