Henri Nijdam : “Le Quotidien ne sera pas un journal low-cost”

Quel avenir pour le Quotidien alors que paraissait sa dernière édition version Chane-Ki-Chune ce jeudi ? Pour tenter de répondre aux interrogations, le “tandem”, Jean-Jacques Dijoux et Henri Nijdam, comme l’appelle ce dernier, a réuni les journalistes dans un hôtel de l’ouest pour exposer leur plan. Jean-Jacques Dijoux, qui se présente comme un entrepreneur “patriote”, souligne que Le Quotidien “a une identité forte. Nous sommes deux entrepreneurs qui réagissent au monde économique local. On m’a d’abord connu lors de l’affaire d’Air Austral, et c’était la même situation. Un appel avait été lancé aux investisseurs réunionnais pour tenter de sauver une entreprise phare de l’île”, explique l’homme d’affaires.
Nouvelle formule, nouveau prix
Pour rappel, ce dernier est désormais l’actionnaire majoritaire de Média Capital Réunion à hauteur de 60%, Jean-Pierre Lallemand, actionnaire minoritaire, récupère 30% des parts de la nouvelle structure. Pour autant, ce sera bien Henri Nijdam qui pilotera l’opératif, car il récupère les casquettes de directeur général, directeur de la publication et de la rédaction “et même aussi rédacteur en chef au début. Il n’y aura pas d’armée mexicaine. Je délèguerai ensuite, mais avant, je vais m’assurer de l’exécution du cahier des charges. J’ai besoin d’une vision à 360 degrés”, précise Henri Nijdam.
Plusieurs changements peuvent déjà être annoncés. Déjà, lorsque l’édition papier sera de nouveau imprimée, le format changera pour une formule dite “5+1”. Un seul numéro sera donc publié pour le weekend. Le prix du numéro pourra aussi évoluer. “Le coût d’un journal varie entre 1,70 et 2,10 euros dans de nombreuses régions. On ne peut pas continuer à vendre à La Réunion à 1,20 euro. Ce prix est le résultat d’une concurrence mortifère avec le JiR, et on voit le résultat. Les lecteurs doivent prendre leur part, alors que le prix du papier a augmenté de plus de 50% en peu de temps”, poursuit le nouveau patron du Quotidien.
Des effectifs qui pourront évoluer
Pour l’instant, une seule promesse est faite aux lecteurs : “Le Quotidien ne sera pas un journal low-cost. Nous voulons apporter de la valeur ajoutée à l’information, afin de permettre à nos lecteurs de comprendre les enjeux, tente Henri Nijdam, il faudra faire une révolution dans la production et la diffusion des articles. Il faut satisfaire tous les lecteurs, et pas seulement travailler pour le journal du lendemain”. Ainsi, un virage numérique est à attendre, alors que le Quotidien s’était pourtant illustré par son retard en la matière.
Avec uniquement quinze journalistes pour l’instant assurés de garder leur travail, la tache semble immense. “Je vais déjà rencontrer les salariés et évaluer les profils dont nous aurons besoin, mais il est évident que d’autres postes seront à garder, comme les photo reporters. Cette décision ne nous appartient pas, c’est la procédure collective qui va décider. Chaque solution sera étudiée, et nous n’excluons pas d’avoir ensuite à monter en puissance. Nous avons repris l’entreprise sans avoir toutes les informations, donc nous avons déjà besoin de faire un vrai état des lieux."
Aucune date d’arrêtée non plus pour la première parution de la version papier. “On travaille pour reprendre au plus vite. On espère pouvoir commencer à publier les premiers articles sur le web d'ici au milieu de semaine prochaine, mais rien n’est sûr”, confirme Henri Nijdam.
“Nous sommes partenaires de ce projet”
Après six mois de bataille, l’incertitude n’est pas encore totalement levée pour les salariés du Quotidien. Ils ont pu rencontrer Henri Nijdam et Jean-Jacques Dijoux ce jeudi matin durant plus d’une heure. “C’était avant tout pour répondre aux questions du personnel sur des sujets très pratiques comme la gestion des badges ou du matériel, car nous sommes en période de transition”, explique Edouard Marchal, représentant du personnel.
Pour ce dernier, la prochaine bataille va consister à “améliorer la jauge sociale. Quinze journalistes, ce n’est pas assez. Nous avons rendez-vous avec l’administrateur judiciaire pour tenter de sauver plus de gens et avoir ainsi un produit de qualité. Nous voulons repartir sur les meilleures bases possibles, et nous croyons à leur volonté de faire progresser le Quotidien”, poursuit le représentant SNJ-Solidaires.
“Ils nous ont fait savoir qu’ils souhaitaient reprendre l’activité le plus vite possible. Nous aurons déjà plus d’éléments sur l’opératif prochainement”, précise Edouard Marchal, avant d’ajouter : “de toute manière, c’est notre dernière chance”.


