Grand Anse : N'obtenant pas de CDI, il agresse son patron

Les faits remontent aux 16 octobre 2022. Ce jour-là, Mathieu travaille dans le snack à Grand Anse où il est employé en CDD. À la fin de son service, son patron l'informe que son contrat, qui se termine, ne va pas déboucher sur un CDI.
Le jeune homme de 21 ans va alors rentrer dans une rage folle. Il commence à insulter son patron et à frapper dans les poubelles. Il poursuit sa crise au milieu des clients en hurlant qu'il va "finir en prison à cause de lui". En effet, Mathieu est sous le coup d'une peine de prison avec sursis pour extorsion avec violence. Il pense alors qu'être sans emploi, alors qu'il a obligation de travailler, va l'amener derrière les barreaux.
Le propriétaire du snack, pour l'éloigner des clients, se dirige vers son scooter à l'arrière de la boutique pour le faire tomber. De quoi alimenter la furie de Mathieu qui va le frapper, le menacer avec un couteau et jeter son téléphone à terre à plusieurs reprises. Certains témoins affirment même qu'il a menacé le patron avec une pierre puis son casque de moto.
Des menaces physiques et économiques
C'est justement sur ces témoignages que Me Vanessa Seroc, qui représente le propriétaire du snack, va appuyer sa plaidoirie. "D'autres témoins confirment la déclaration de mon client. Il l'a menacé avec un couteau. Il dit que c'était un couteau à beurre, mais c'est faux. Il a même pris un galet pour le jeter, mais heureusement qu'il a été arrêté par des clients. Il a même menacé de revenir tous les jours jusqu'à faire fermer l'établissement", argue-t-elle.
Me Seroc demande donc 2000 euros de dédommagements au titre du préjudice moral et physique, 4181 euros pour la perte de chiffre d'affaires causée par les 5 jours d'ITT, 109 euros pour les réparations du téléphone et 1000 euros pour les frais d'avocats.
Après avoir rappelé le lourd passé judiciaire de Mathieu, la procureure va requérir une peine de 70 heures de travail d'intérêt général (TIG).
"Il avait peur de la Justice et ça, c'est rare"
Pour Me Victoria Rouxel, qui défend le prévenu, "sa réaction est à la hauteur de sa déception. Il a effectué deux CDD dans l'entreprise, preuve qu'il apportait satisfaction". La robe noire va ensuite remettre en doute les témoignages, arguant qu'il s'agit de la famille indirecte de la partie civile.
"S'il a réagi comme cela, c'est parce qu'il avait peur de la Justice et ça, c'est rare aujourd'hui", affirme-t-elle. Un argument osé puisqu'elle avait elle-même défendu le prévenu quelques mois plus tôt parce qu'il s'était opposé à des policiers qui poursuivaient son ami en délit de fuite. Elle ajoute qu'il n'y a pas de preuve que le snack a été fermé après l'incident et demande donc que cette demande de dédommagement soit déboutée.
Finalement, le tribunal le condamne à une peine de 60 heures de TIG. Il doit surtout dédommager la victime à hauteur de 600 euros pour le préjudice moral et physique, 109 euros pour les réparations du téléphone, 3000 euros pour le préjudice économique de l'entreprise et 750 euros de frais d'avocat.


