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Gourou et escroc présumé : Les ennuis judiciaires d’Arnold Cadet se poursuivent au Bénin

Le Réunionnais incarcéré dans la capitale béninoise depuis septembre dernier afin d'y attendre son procès est jugé ce lundi devant la cour de répression des infractions économiques de Cotonou. Les trois Réunionnais qu'il a tenté de berner sont représentés par un avocat sur place.

Ecrit par 2181159 – le lundi 14 novembre 2022 à 20H05

Jugé très récemment et en son absence devant la cour d’appel de Saint-Denis pour une affaire de complicité de détournements de fonds, Arnold Cadet sera fixé sur sa peine le 8 décembre prochain. Se faisant passer pour un gourou capable d’invoquer les esprits, il avait réussi à berner le comptable de trois établissement scolaires à St-Paul, lui-même berné par une femme.  Arnold Cadet avait écopé de 4 ans de prison  lors de son premier procès, dont un an assorti d’un sursis probatoire ainsi que du remboursement de 1.257.700 euros au titre des dommages et intérêts à verser au Lycée La Renaissance. Une peine identique a été requise par le parquet général.

En attendant le résultat de cette audience, c’est une autre qui a démarré ce matin à Cotonou, la capitale du Bénin. Arnold Cadet y est jugé pour escroquerie devant la CRIET, la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme. Trois Réunionnais sont victimes dans cette affaire. Le trio avait en effet suivi l’homme d’affaires auto-proclamé qui assurait prospérer en Afrique de l’Ouest afin d’obtenir un important marché d’installation de 50 000 climatiseurs dans des logements sociaux.

Or, les trois entrepreneurs qui avaient déjà versé des fonds pour pouvoir obtenir ce marché ont été escroqués par Cadet. Sur place, celui-ci leur aurait fait visiter des constructions laissées à l’abandon depuis plus d’une décenie. Surveillé de près par les autorités béninoises, c’est dans ce contexte que tous avaient été interpellés alors qu’ils se trouvaient attablés dans un restaurant du centre-ville. Le trio a rapidement été mis hors de cause. Mais le sort d’Arnold Cadet ainsi que celui de son fils mineur qui était également du voyage a été tout autre. 

Après avoir comparu tour à tour devant le procureur de la République de Cotonou, leur placement en détention provisoire avait été décrété. Des incarcérations confirmées par le porte- parole du Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères. 

Arnold Cadet se rendait régulièrement au Bénin et dans d’autres pays d’Afrique de l’Ouest depuis l’an dernier se faisant passer pour un bienfaiteur. On le retrouve sur des vidéos publiées sur le net en tant qu’ambassadeur au sein de l’Union Européenne, Madagascar et Maurice au sein du Roscao, Réseau des organisations de la société civile de l’Afrique de l’Ouest.
 

Mais le passif judiciaire du pilote de rallye conjugué à des plaintes avaient mis la puce à l’oreille du Roscao qui a finalement décidé de le radier, furieux d’avoir été trahi. Arnold Cadet s’était présenté comme « une personnalité de haut rang de l’Ile de La Réunion, des Pays d’Outre-Mer de la France », prêt à mouiller le maillot pour « la lutte contre le chômage des jeunes ». Il avait promis de lever des fonds pour la formation des jeunes Béninois tout en collaborant avec les autorités du pays pour « de grands projets » dans la finance, l’économie, l’énergie, l’agriculture, le développement routier via la société 2 RCC International SA, dont il est le PDG.

En fin d’après-midi ce lundi, Arnold Cadet a clamé son innocence et demandé un délai afin d’apporter des preuves à la cour qui l’exonèreraient de toute responsabilité dans les faits qui lui sont reprochés. Les magistrats de Cotonou lui ont octroyé un délai supplémentaire pour réunir les documents au soutien de ce qu’il avance. L’audience est renvoyée au 12 décembre prochain.

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