Gaillard et Lebon fustigent Darmanin sur ses propos concernant l’esclavage

Les députés Karine Lebon et Perceval Gaillard ont rapidement répondu à ces propos lors de la séance des questions au gouvernement d’hier. La députée de la 2e circonscription lui a indiqué que "si l’évolution juridique de l’esclavage a été autorisée par le pouvoir, c’est la lutte et le combat des esclaves qui ont rendu leur libération inévitable". Elle a également rappelé que les dédommagements à l'abolition de l'esclavage ont été accordés aux colons, pas aux esclaves.
Perceval Gaillard, député de la 7e circonscription de La Réunion, a quant à lui qualifié les propos du ministre de "révisionnistes et paternalistes". Il a également rappelé que ce sont les esclaves eux-mêmes qui se sont libérés par leur lutte et leur combat. Il refuse l'idée selon laquelle le ministre peut exiger que tout le monde aime la République.
Les parlementaires ont également remis en question les exigences du ministre envers les territoires ultramarins, en soulignant que chaque citoyen français mérite d'être entendu et que le pouvoir ne peut pas faire le tri sélectif des opinions. Les députés ont également dénoncé les taux élevés de pauvreté et de chômage des territoires ultramarins et ont demandé une action concrète pour soutenir ces citoyens français.
"Nous, citoyens français d’Outre-mer, aimons la République. Mais que fait le pouvoir de cet amour ? La vie la plus chère de France, des taux de pauvreté et de chômage records. Pourtant, alors que nous y vivons moins longtemps et en moins bonne santé, y a-t-il une seule mesure spécifique aux territoires ultramarins dans la réforme des retraites ? Non !", a argué Karine Lebon.
Perceval Gaillard n’a pas hésité à s’attaquer frontalement au ministre de l’Intérieur. "Je vous le dis comme je pense, vous nous faites honte. En tant que député de La Réunion, je vous le dis comme tel, aux côtés de mes camarades et collègues ultramarins, vous êtes disqualifiés après de tels propos", s’est-il lâché.
En guise de conclusion et de provocation, Karine Lebon a posé une question directe à M. Darmanin : "Voulez-vous vraiment garder ce portefeuille ministériel ?"


