François Caillé: "Le rachat du groupe Vindemia par Hayot est dangereux pour les Réunionnais"

Pierrot Dupuy reçoit François Caillé, patron du mythique groupe Caillé, avec qui il a souhaité échanger au sujet de la grande distribution, mais également sur la situation du groupe aujourd'hui.
"Le groupe Caillé va plutôt bien, nous venons de payer notre 8e échéance, il nous en reste deux, on a fait un redressement qui était un peu inespéré, pas grand monde nous donnait des chances de survie il y a quelques années, mais on s'en est sorti", confie François Caillé qui estime que le groupe repart sur des bases saines.
François Caillé parle d'un groupe très équilibré. En effet, ses deux branches d'activité ont sorti les mêmes résultats, même si l'automobile reste encore majoritaire avec 60% de l'activité et 40% pour la grande distribution alimentaire. Le groupe a préféré se recentrer sur ces deux pôles d'activités principaux.
100 ans avec Peugeot
Connu comme étant LE concessionnaire Peugeot sur l'île de La Réunion, le groupe fête cette année ses 100 ans de partenariat avec Peugeot, ce qui en fait le plus ancien concessionnaire au monde.
Leader Price... c'est Caillé
Peu de Réunionnais le savent, mais le groupe Caillé est aussi représenté par Leader Price dans le monde de la grande distribution. "Nous sommes aujourd'hui le numéro 2 sur le marché en matière de rapport qualité/prix derrière Leclerc", explique François Caillé.
Rachat du groupe Vindemia
Concernant le rachat du groupe Vindemia par le groupe Hayot, François Caillé déclare que "c'est un danger pour La Réunion". Mais il tient à affirmer que "ce n'est pas un combat Caillé/Hayot. On reste malgré tout proche, nous avons travaillé ensemble 20 ans". Le problème est global, car selon lui, il est mauvais pour La Réunion.
"C'est dangereux, car tous les équilibres qui font la richesse de ce pays peuvent être mis à mal. Quand vous avez une telle puissance, vous imposez un peu les choses aux gens (...) et les chances de survie des autres opérateurs sont faibles", explique-t-il en ajoutant : "Demain c'est 20 à 25% de la consommation des Réunionnais qui seront entre les mains d'un unique acteur". Le risque ultime pour les consommateurs réunionnais est que s'il ne reste plus que deux opérateurs, Hayot et Leclerc.
François Caillé affirme qu'il a tenté, en s'accordant avec les autres opérateurs réunionnais, de racheter le groupe Vindemia, mais ils étaient en réalité financièrement dans l'incapacité de pouvoir acquérir un tel groupe.


