Fitch maintient la note "AA-" de la France mais met en garde contre le dérapage budgétaire

Lors de son évaluation précédente, en avril, Fitch avait déjà averti que la dette française risquait de déraper en cas de déficits publics plus importants que prévu. Or, les prévisions de déficit pour 2024 ont été sévèrement révisées à la hausse, atteignant 6,1 % du PIB, contre 4,4 % initialement prévu pour 2023.
Selon le communiqué de Fitch, les risques liés à la politique budgétaire de la France se sont accrus. L’agence anticipe désormais une dette publique qui grimpera à 118,5 % du PIB d’ici 2028 et exprime des doutes quant à la capacité du gouvernement à ramener le déficit sous la barre des 3 % d’ici 2029. La fragmentation politique et le "gouvernement minoritaire" sont également pointés comme des obstacles à la mise en œuvre de réformes budgétaires durables.
Un budget 2025 sous surveillance
Le ministre de l’Économie, Antoine Armand, a réagi en prenant acte de la décision de Fitch. Conscient des risques pour la crédibilité financière du pays, le gouvernement, qui a récemment dévoilé son projet de loi de finances 2025, a promis 60 milliards d’euros d’économies afin de contenir le déficit à 5 %.
Antoine Armand a prévenu que "toute absence de signaux clairs de réduction du déficit public" pourrait éroder la confiance des marchés. Cette vigilance est partagée par le Premier ministre Michel Barnier, qui a mis en garde contre un risque de "crise financière" si des mesures rigoureuses ne sont pas adoptées rapidement.


