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Enlèvement et extorsion : les six prévenus renvoyés devant le tribunal en septembre

Ecrit par P.B. – le vendredi 20 juin 2025 à 14H58
Photo d'illustration

Accusés d’avoir enlevé et menacé un jeune homme pour faire pression sur son père dans un litige commercial, six prévenus devaient comparaitre ce jeudi 19 juin devant le tribunal correctionnel de Saint-Pierre. L’audience a été renvoyée.

Prévenus d’enlèvement et d’extorsion, les six hommes devront patienter pour s'expliquer. En raison d’un appel formé par l’un des avocats de la défense concernant un refus d’acte, le procès a été renvoyé au 4 septembre prochain. En attendant, le tribunal s’est prononcé sur le maintien en détention des intéressés.

Lire aussi : Règlement de comptes entre associés : Six hommes de main terrorisent leur victime et menacent de la jeter du pont de l'Entre-Deux

Les trois accusés déjà incarcérés, dont les casiers comportent des mentions pour vol, ont été maintenus en détention. Les trois autres, laissés libres jusque-là, ont vu leur contrôle judiciaire allégé. Une décision motivée notamment par le départ du département des deux victimes, le père Jean-François et le fils Baptiste D., dès le lendemain des faits, comme l’a précisé leur avocat, Me Guillaume Albon.

Un différend commercial qui dégénère en enlèvement

Les faits remontent au 26 juillet 2024. Loïc B., 34 ans, aurait été mandaté par son patron, restaurateur dans le Sud, pour faire pression sur le fils de son associé. L’objectif était de le contraindre à accepter une procédure collective pour l’établissement.

Ce soir-là, vers 18 heures, Baptiste D., 20 ans, est encerclé en pleine rue par six individus cagoulés et vêtus de noir. Loïc B. est soupçonné de l’avoir forcé à monter dans une Volvo blanche. Pendant ce temps, d'autres membres du groupe fouillent la voiture et s'emparent d'enveloppes contenant la recette du restaurant, en espèces et en tickets-restaurant. Un individu armé d’un sabre aurait même rejoint la scène.

Toujours selon l’enquête, la victime est conduite au pont de l’Entre-Deux, connu pour être un lieu de suicide. Là, les agresseurs lui auraient annoncé qu’il serait jeté du pont et que le tout serait maquillé en suicide, afin d’exercer une pression sur son père. Ce dernier devait alors accepter une rencontre avec l’associé, commanditaire présumé de cette expédition.

"Il était la monnaie d’échange", avait résumé le parquet général lorsque Loïc B. avait formulé une demande de remise en liberté.

"On n'a pas affaire à une mafia"

Lors des investigations, tous les prévenus n’ont pas livré la même version. "C'est une affaire qui effectivement ne s'est pas déroulée de la manière prévue. On n'a pas affaire à une mafia ni à des gens qui sont susceptibles d'être qualifiés de bandits", précise Me Djalil Gangate pour la défense de Jean-François L. Certains assurent même ne pas avoir eu connaissance du contexte du conflit et affirment avoir simplement voulu "rendre service, sans intention de violence". Le tribunal devra trancher le 4 septembre prochain.

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