Règlement de comptes entre associés : Six hommes de main terrorisent leur victime et menacent de la jeter du pont de l'Entre-Deux

Loïc B. n'est pas un enfant de chœur à entendre le déroulé de son passé judiciaire. Le 28 juillet dernier, le trentenaire a été mis en examen et écroué pour enlèvement et extorsion, des faits qu'il aurait commis en récidive et pour lesquels il encourt 10 ans de prison. Selon son avocat qui plaidait vendredi dernier devant la chambre de l'instruction, il aurait simplement "rudoyé" la victime qui présente deux jours d'ITT. Pas de quoi en faire tout un plat. Fin juillet pourtant, Loïc B., 34 ans, a été sollicité par son patron à la tête d'un restaurant du sud de l'île pour aller faire peur au fils de son associé afin que ce dernier accepte de placer l'établissement en procédure collective.
Ce 26 juillet vers 18h, Baptiste D. s'est retrouvé en pleine rue encerclé par six individus, encagoulés et tout de noir vêtus. Loïc B. est soupçonné de l'avoir forcé à le suivre dans la Volvo blanche d'où il venait de faire irruption. Puis, de lui remettre sa carte grise et de la barrer afin de lui céder sa Wolskwagen. Pendant ce temps, les autres passaient celle-ci au peigne fin et s'emparaient d'enveloppes qui contenaient la recette du fameux restaurant, espèces et tickets restaurant, alors qu'un nouvel individu se présentait sur les lieux armé d'un sabre.
"Il était la monnaie d'échange"
Baptiste D., 20 ans, aurait ensuite été conduit au Pont de l'Entre Deux, tristement célèbre car délibérément choisi par ceux qui mettent fin à leurs jours. Là, les hommes de main lui auraient dit qu'il allait être jeté du haut du pont et que le crime serait maquillé en suicide. Tout ça pour mettre la pression sur son père afin que celui-ci accepte de rencontrer son associé chez leur comptable. "Il était la monnaie d'échange", a résumé le parquet général s'opposant au placement sous contrôle judiciaire de Loïc B.
Pour l'avocate générale, le mis en cause, porteur d'un poing américain, était "le meneur de l'expédition punitive". Hors de question de le laisser sortir de prison afin d'éviter le risque de réitération et de pression sur ses complices présumés, tous n'ayant pas donné la même version des faits. Certains ont en effet expliqué ne pas savoir quel était le fond du litige et n'avoir agi "que pour rendre service sans vouloir être violent". Quant à Loïc B., son avocat reprenant les dires de son client a indiqué que Baptiste D. "l'avait suivi de son plein gré".
Sur les six mis en examen, trois ont été libérés avec des obligations à respecter pendant le temps de l'enquête. L'autre moitié est sous les verrous. Une différence de traitement "injuste" décriée par la défense.
Après en avoir délibéré, les magistrats de la chambre de l'instruction ont confirmé le placement en détention provisoire de Loïc B.


