Revenir à la rubrique : Faits divers

Saint-Louis : Mauvais mari, mauvais père et mauvaise foi

Ecrit par Gaetan Dumuids – le mercredi 3 juin 2026 à 08H21

Un Saint-Louisien a été jugé par le tribunal correctionnel de Saint-Pierre pour violences sur sa femme et devant leur fille. Le prévenu est parvenu à agacer les magistrats en niant toutes les accusations et en se présentant constamment comme la victime. Il a écopé d’une peine de six mois de prison avec sursis.

Le 29 janvier dernier, après une journée de détente, Irina* arrive avec sa fille de huit ans et une amie sur son lieu de travail où se trouve son mari, Barnabé. Comme à son habitude, il veut savoir où elle se trouvait et, découvrant qu’elle ne travaille pas ce jour-là, il enrage.

À peine arrivé, la dispute commence et le mari la saisit par le bras, attrape ses deux téléphones et la pousse violemment contre une barrière. Ce sont les personnes présentes qui vont le stopper. Lui veut partir avec sa famille, mais il en est empêché jusqu’à l’arrivée des gendarmes.

Lire aussi : Bébés secoués, lésions multiples, défaut de soins… : un jeune couple de Saint-Paul devant la cour criminelle pour des violences et maltraitances graves sur leurs trois enfants

Un pauvre homme entouré de mensonges

Lors de son procès ce mardi, Barnabé va offrir un spectacle de mauvaise foi qui va éclairer tout le monde sur son comportement. Sur les violences, il reconnaît l’avoir poussée, « mais c’est des violences pour la loi, pour moi non ». Il nie l’avoir poussée contre une barrière, même lorsque la présidente du tribunal lui présente la photo des caméras de surveillance.

Mais le défilé de mauvaise foi ne s’arrête pas là. Concernant le fait qu’il la surveille constamment, c’est parce qu’il est marié,« je suis responsable d’elle. Je dois la protéger ». Sur le fait qu’il reste sur le parking de son emploi quand elle travaille, « c’est juste pour passer le temps ».

En fait, le vrai problème de Barnabé, c’est qu’il est entouré de menteurs. Sa femme ment. L’amie de sa femme ment. Son patron ment et les témoins mentent. Ses déclarations lors de sa garde à vue ? Des mensonges, évidemment. Enfin, même le tribunal ment quand il lui rappelle qu’il a été condamné pour menaces de mort sur son ex-femme et son amant. S’il n’est pas allé en prison, c’est qu’il n’est pas coupable, car c’était lui la victime.

Aucune remise en question

« Après la prestation de monsieur, je peux presque me passer de plaidoirie : il n’a rien fait. C’est même lui la victime », ironise Me Éric Bodo pour la partie civile. La robe noire s’inquiète surtout « qu’il n’a aucune prise de conscience ».

De son côté, Me Delphine Savigny, qui représente les intérêts de la fille du couple, estime « qu’il est un mauvais mari en plus d’être un mauvais père. Sa fille a peur de lui, comme il est méchant avec sa mère ».

Pour sa défense, Me Ali Ben Ahmed explique que, comme beaucoup d’hommes, notamment des anciennes générations, il n’a pas été éduqué à apprendre que les femmes ont le droit de dire non dans un mariage. Pour lui, c’est quelque chose qui devrait être enseigné dès l’école.

Le tribunal va se ranger derrière les réquisitions et le condamner à une peine de six mois de prison avec un sursis probatoire de deux ans, une obligation de soins et l’interdiction de contacter ou de paraître au domicile ou au travail de son ex-femme.

Dans la même rubrique

0💬
Tri :