Évelyne Corbière dénonce une loi "insuffisante" sur l'enseignement supérieur privé

Le Sénat a adopté le projet de loi visant à mieux encadrer l'enseignement supérieur privé lucratif. Une avancée jugée largement insuffisante par la sénatrice réunionnaise Évelyne Corbière, qui regrette le rejet de plusieurs amendements destinés à lutter contre les inégalités d'accès aux études supérieures.
Le Sénat a adopté mardi soir le projet de loi visant à mieux encadrer l'enseignement supérieur privé lucratif. Une avancée jugée insuffisante par la sénatrice réunionnaise Évelyne Corbière Naminzo, qui estime que le texte « aurait pu être l'occasion de s'attaquer aux dérives de l'enseignement supérieur privé à but lucratif ».
Dans son communiqué, l'élue dénonce un modèle où « l'orientation d'un jeune devient une opportunité commerciale » et où « les familles sont piégées dans des spirales d'endettement ». Elle souligne également les difficultés rencontrées par les universités publiques, qui doivent selon elle accueillir toujours plus d'étudiants avec des moyens insuffisants.
Parcoursup et étudiants ultramarins au cœur des critiques
Au cours des débats, la sénatrice a défendu plusieurs amendements qui ont tous été rejetés. Le premier visait à rendre gratuite toute inscription à un vœu sur Parcoursup. Elle estime que le système actuel crée une inégalité d'accès aux formations sélectives : « Ce coût est impossible à assumer pour de nombreuses familles et donc dissuasif. Ce système ne sélectionne pas les meilleurs étudiants, mais les plus favorisés. »
Évelyne Corbière Naminzo a également proposé de rendre obligatoires les entretiens en visioconférence pour les candidats aux établissements privés. Une mesure qu'elle juge particulièrement importante pour les étudiants ultramarins. « Comment demander à un lycéen scolarisé en Outre-mer de payer un billet d'avion et un hôtel pour des entretiens dans l'Hexagone ? », interroge-t-elle.
L'élue rappelle que « 61 % de nos néo-bacheliers formulent leurs vœux dans une autre région que leur région d'origine, contre une moyenne nationale de 35 % ».
Enfin, elle souhaitait allonger le délai de rétractation accordé aux étudiants qui s'inscrivent dans un établissement privé. Selon elle, il n'est « pas acceptable d'enfermer un jeune dans une formation chère ne correspondant pas à ses attentes », alors que les erreurs d'orientation demeurent fréquentes. Au terme des débats, la sénatrice regrette que la loi ait, selon ses mots, « gravement manqué d'ambition pour stopper la libéralisation incontrôlée de l'enseignement supérieur privé ».


