À Saint-Benoît, jusqu'à 90 euros d'économies par enfant pour la rentrée

Première commune de La Réunion à mettre en place la gratuité des fournitures scolaires - promesse de campagne de Patrice Selly - le dispositif, adopté au budget 2026, entre désormais dans sa phase concrète avec la distribution des récépissés permettant aux familles de récupérer gratuitement les effets scolaires de leurs enfants avant la rentrée d'août.
La promesse est désormais une réalité. Depuis cette semaine, la Ville de Saint-Benoît distribue aux familles les récépissés qui leur permettront d'obtenir gratuitement les fournitures scolaires nécessaires à la prochaine rentrée. Une nouvelle étape pour ce dispositif voté lors du budget 2026 et doté d'une enveloppe de 500 000 euros.
Présent à l'école Julie Huet, à Sainte-Anne, ce vendredi après-midi, le maire Patrice Selly a rappelé l'origine de cette mesure, inscrite parmi ses engagements électoraux.
« C'est un engagement qui a été pris lors des élections municipales. L'objectif est de proposer la gratuité des effets scolaires pour l'ensemble des enfants qui fréquentent les écoles maternelles et élémentaires de la ville de Saint-Benoît », souligne l'édile.
Un bon de 90 euros par enfant
Concrètement, chaque famille reçoit un récépissé correspondant à un bon d'achat de 90 euros par enfant. Celui-ci peut être utilisé auprès du prestataire retenu à l'issue d'un appel d'offres afin d'acquérir les fournitures figurant sur la liste remise par les enseignants.
Pour les écoles maternelles, l'achat sera effectué directement par les enseignants.
Près de 6 000 élèves des écoles publiques maternelles et élémentaires sont concernés par cette mesure, sans aucune condition de ressources.
Le montant de 90 euros a été défini pour couvrir les besoins essentiels de la rentrée. Les enseignants ont été invités à établir leurs listes de fournitures en respectant cette enveloppe.

Des listes "adaptées aux besoins"
Pour la deuxième adjointe déléguée aux affaires scolaires, Valentine Serrano, le dispositif a été conçu pour préserver les habitudes pédagogiques des enseignants.
« Ils établissent leur liste comme auparavant. Ils doivent simplement vérifier qu'elle rentre dans l'enveloppe fixée. Chaque classe a ses spécificités : certains enseignants préfèrent des petits cahiers, d'autres des classeurs ou des pochettes plastiques. Le kit est adaptable à leurs souhaits », explique-t-elle.
Les parents peuvent ainsi se rendre directement chez le prestataire avec leur bon et choisir les fournitures correspondant à la liste de leur enfant. Une seconde formule est également proposée : transmettre la liste en amont afin que les achats soient préparés avant leur venue.
Une école, Denis-Salaï, à Bras-Canot, a opté pour une organisation différente en demandant la préparation de près de 400 kits identiques, livrés directement dans l'établissement avant la rentrée. Une souplesse qui illustre les possibilités offertes par le dispositif pour l'adjointe aux affaires scolaires.
A la suite d'un appel d'offres, c'est un prestataire de Saint-André qui a été retenu. Selon la mairie, aucune entreprise de Saint-Benoît n'a répondu à ce dernier.

Sans conditions de revenus
Pour Patrice Selly, la philosophie de cette mesure est avant tout sociale.
« Cette mesure est mise en œuvre pour tous les parents sans condition de revenus. Nous avons souhaité soulager le pouvoir d'achat des familles bénédictines. Pour une famille ayant plusieurs enfants, cela représente plusieurs dizaines, voire plusieurs centaines d'euros d'économies dès cette rentrée scolaire », insiste le maire.
La gratuité concerne uniquement les fournitures scolaires : cahiers, stylos, crayons, gommes, trousses ou classeurs. Les cartables, vêtements, chaussures, tenues de sport ou encore le linge nécessaire en maternelle restent à la charge des familles.
Le marché étant ouvert jusqu'en décembre, les enfants qui s'inscriraient à Saint-Benoît après la rentrée pourront également bénéficier du dispositif, dans la limite de l'enveloppe disponible.
Uniforme scolaire, aux parents de choisir
La municipalité entend désormais poursuivre un autre chantier : l'extension progressive de la tenue scolaire unique.
Expérimentée depuis la rentrée 2025 à l'école André Hoarau, à Beaufonds, avec un tee-shirt commun, la démarche pourrait être étendue à d'autres établissements après consultation des conseils d'école et des parents.
« L'objectif sera de consulter les conseils d'école et les parents d'élèves pour permettre le déploiement de cette mesure et, là aussi, de permettre aux parents de réaliser des économies sur les tenues de leur marmaille durant l'année scolaire », indique Patrice Selly.


