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Enfants enlevés et retrouvés aux Comores : La mère condamnée à 10 mois de prison avec sursis

Le comportement de cette mère de deux enfants avait défrayé la chronique. En juin 2022, elle avait quitté La Réunion avec ses deux fils, sans l'accord du père. Ils avaient été retrouvés in extremis aux Comores. En son absence, elle a été jugée ce jeudi pour soustraction de mineurs.

Ecrit par Prisca Bigot – le vendredi 19 avril 2024 à 06H49

Patricia* ne s’est finalement pas présentée à son procès devant le tribunal correctionnel de Saint-Pierre ce jeudi. La trentenaire placée en centre médico-social depuis janvier dernier n’a, depuis, plus donné aucune nouvelle.

Guillaume* a, lui, fait le déplacement pour ce procès. En juin 2022, le père de famille en garde alternée a découvert que son ex-compagne et ses deux fils avaient disparu sans laisser de traces.

Compte bancaire vidé, ligne téléphonique coupée, meubles vendus, enfants déscolarisés… Patricia a décidé de quitter La Réunion pour aller en Afrique centrale, révèle l’enquête. Selon ses proches, la jeune femme a changé au contact d’un homme et serait sous emprise sectaire.

D’importants moyens avaient alors été mis en place. Partie dans un premier temps en avion à Mayotte, Patricia avait ensuite pris un bateau pour les Comores. Un mandat d’arrêt européen a permis le retour de la mère et des enfants sur le territoire français à Mayotte puis à La Réunion. Guillaume a, lui, fait le voyage et a enfin récupéré ses enfants sur l’île aux parfums le 8 août 2022.

Entendue, Patricia va reconnaître les faits mais aussi livrer des propos inquiétants et confus, accusant de pédophilie des membres de son entourage. Guillaume est aussi visé par ses allégations qui n’ont absolument pas été prouvées, tient à préciser le président du tribunal.

Un profil psychologique instable

Son expertise psychiatrique révèle en revanche des troubles psychotiques avec délire de persécution sans pour autant prétendre à une altération ou abolition de son discernement. Patricia est apte à être jugée.

Depuis les faits, Guillaume a obtenu que la résidence des enfants soit fixée à son domicile. La mère de famille ne s’est pas manifestée pour le droit de visite. Les seules fois où les enfants l’ont aperçue, c’est devant leur école dans l’ouest de l’île avant qu’elle ne soit déplacée dans un autre foyer à Saint-Denis.

“Le dossier avait ému le parquet qui avait mis les moyens pour éviter la migration des enfants vers l’Afrique. C’était une réalité, une course contre-la-montre pour éviter que le père ne revoie plus ses enfants”, se remémore le ministère public. Si Patricia “ assure qu’elle voulait protéger ses enfants d’un danger, il n’a jamais été démontré”, pointe la substitut du procureur qui requiert 12 mois de prison avec sursis et des interdictions de contact notamment. L’exclusion de l’autorité parentale devra être menée en revanche devant le juge aux affaires familiales, précise le parquet.

Patricia a été condamnée à 10 mois de prison avec sursis. Le juge a également prononcé l’interdiction de paraître au domicile et à l’école des enfants mais aussi l’interdiction de contact (hors cadre fixé par le JAF) durant 3 ans avec exécution provisoire. Patricia devra également régler la somme de 11.000 euros de préjudice économique à Guillaume et la même somme au total du préjudice moral pour le père et ses deux garçons.

*prénoms d’emprunt

Thèmes : Enlèvements | Tribunal
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